Olivier Meunier

Professeur des universités - sociologie, anthropologie
CNU : SECTION 19 - SOCIOLOGIE, DEMOGRAPHIE
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Olivier Meunier

Professeur des universités - sociologie, anthropologie

Enseignements

Présentation générale

Mon transfert à l’université de Lille au 1er septembre 2020 m’a permis d’assurer de nouveaux cours de licence en sociologie, anthropologie et méthodologie, notamment à la faculté de sciences humaines et sociales et des territoires (FASEST), à Polytech (ingéniorat 4e année) en anthropologie des techniques et méthodologie et depuis 2022 au CHU de Lille (école d'infirmiers anesthésistes niveau master).

Je continue à dispenser les enseignements que j’assurais depuis mon recrutement comme professeur des universités en 2010 à l’université d’Artois : à l’INSPE en master MEEF, principalement dans le séminaire de recherche « éducation, identité, inclusion » que j’ai créé et que je coordonne et dans les IFSI de Saint Venant et d’Arras Croix Rouge en socio-anthropologie de la santé.

Depuis 2021 toujours en master MEEF, j’ai conçu et je coordonne deux modules complémentaires (l’un sur les approches pédagogiques interculturelles, l’autre sur la discrimination à l’école, qui rassemblent plusieurs intervenants chercheurs et professionnels de l’éducation) et je suis en charge de plusieurs tutorats et de portfolios d’étudiants de master.

A Polytech Lille, j’ai créé et j'assure deux cours depuis 2021 : « socio-anthropologie des techniques (observations) » et « méthodologie en sciences sociales : approches quantitative (questionnaire) et qualitative (entretien) ».

J’encadre par ailleurs le suivi de mémoires d’étudiants à l’école d’infirmiers anesthésistes avec un cours de socio-anthropologie de la santé au CHU de Lille.

 

Étant régulièrement invité dans des universités pour dispenser des enseignements et présenter des conférences sur ma réflexion au regard des différents terrains de recherche que j’ai effectués, généralement dans une perspective comparatiste, j’interviens généralement dans des masters recherche ou professionnel (Genève, Porto, Lisbonne, Liège) mais également en formation doctorale (Brésil) pour des cours en sociologie et en anthropologie.

J’ai également participé à la conception et à l’organisation de formations supérieures universitaires au Brésil pour les enseignants amérindiens suite à la généralisation d’une politique publique reconnaissant la diversité culturelle des élèves à l’école. Au Niger, j’ai contribué à la conception et à l’organisation de formations professionnelles et technologiques initiales et continues pour des artisans et des entrepreneurs.

De manière générale, les cours que j’ai pu dispenser depuis 30 ans s’inspirent largement des recherches comparatives internationales que j’ai pu effectuer et qui permettent notamment de renforcer notre regard en retour sur notre propre société. Cette expérience diversifiée m’a permis de mieux connaître l’histoire et l’évolution de différents systèmes éducatifs (notamment en comparant le système français avec d’autres systèmes européens et américains), d’analyser leur confrontation aux normes/rhétoriques internationales et les réinterprétations des professionnels de l’éducation (enseignants, formateurs, accompagnateurs) pouvant en résulter dans différents contextes. J’ai ainsi pu travailler en cours la question des rapports au(x) savoir(s), leurs modes de transmission et de présentation en fonction des valeurs véhiculées par la forme scolaire et ses acteurs, mais aussi les divergences éventuelles avec les formes d’éducation non formelles des milieux socioculturels, familiaux ou communautaires. J’ai notamment focalisé mon attention sur les modes d’interaction dans la classe et en dehors entre les enseignants, les accompagnateurs ou les porteurs du savoir « traditionnel » et les élèves, les étudiants, les apprenants et entre ces derniers.

Présentation de quelques cours

INSPE de Villeneuve d’Ascq (Université de Lille)

Depuis mon recrutement comme PU à l’université d’Artois en 2010, j’ai créé et je coordonne à l’INSPE de Villeneuve d’Ascq un séminaire de recherche « éducation, diversité, inclusion ».

Les questions relatives à la diversité socioculturelle des élèves et aux inégalités scolaires sont particulièrement abordées. Ce séminaire présente une analyse des dispositifs ou des dispositions (institutionnelles et/ou pédagogiques) permettant de réduire la distance sociale et culturelle entre les élèves et la forme scolaire à partir d'études et de terrains de recherche effectués dans plusieurs pays. En effet, le « regard en retour » n'est que la première étape d'un processus de décentration qui permet ensuite d'examiner les institutions de notre propre société avec une distance critique difficilement envisageable sans ce travail de terrain dans d'autres mondes/cosmogonies.

Il porte notamment sur : un apport de connaissances sur les démarches de recherche en sciences sociales et humaines, notamment les méthodologies quantitatives (questionnaires) et qualitatives (entretiens et observations) ; une perspective comparative internationale sur les questions d'éducation : présentation de terrains de recherche en France (métropole, DOM-TOM) et à l’étranger : Europe (Roumanie, République tchèque, Espagne, Royaume-Uni), Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada, Mexique), Amérique du Sud (Brésil), Afrique subsaharienne (Niger), ... ; le rapport de l’éducation aux cultures et aux milieux sociaux : présentation et analyses des politiques/pratiques éducatives prenant en considération la diversité socioculturelle des élèves (populations issues de l'immigration, gens du voyage, populations autochtones, ...) ; les pratiques pédagogiques contextualisées prenant en considération la diversité : les pratiques pédagogiques alternatives qui relèvent notamment de l’éducation nouvelle, de l'éducation comme forme de libération, des innovations pédagogiques, … ; les dispositifs d'accompagnement (à l’intérieur et à l’extérieur de l’école) ayant pour ambition de réduire les inégalités socioculturelles entre les élèves.

Le 1er semestre est une initiation aux questions et aux démarches de recherche, l’étudiant apprenant à distinguer ce qui caractérise les différents écrits – scientifiques et autres. Il précise son thème de recherche tout en constituant sa bibliographie et apprend à bâtir une problématique. Le 2e semestre est orienté en fonction des thématiques choisies par les étudiants où différents concepts de l’interculturel leur sont explicités à partir des auteurs de référence et contextualisés à partir d’exemples de recherches de terrain (notamment celles que j’ai réalisées). L’étudiant apprend à construire une méthodologie en rapport avec sa problématique et complète sa bibliographie. Il rend un projet de mémoire comprenant problématique, méthodologie et bibliographie. Au 3e semestre, la méthodologie quantitative et qualitative est davantage explicitée à partir du cours (mis en ligne sur l’ENT à la disposition des étudiants) et en me servant de mes terrains de recherche comme supports. L’étudiant apprend à tester ses outils (questionnaires, guides d’entretiens, d’observation) puis effectue son travail de terrain. Il rend un mémoire d’étape qui comprend le projet de mémoire retravaillé si besoin, la présentation des outils méthodologiques en explicitant pourquoi et comment il les a utilisés et la présentation de ses premiers résultats. Au 4e semestre, le cours porte sur les différentes manières d’analyser et de présenter les données récoltées. Le suivi des étudiants est individualisé en fonction de leur progression et des questions qu’ils se posent. L’étudiant rend un mémoire reprenant les parties précédentes avec la présentation complète de ses résultats et leur analyse, tout en montrant comment et pourquoi ses hypothèses de recherche ont été validées ou infirmées, ainsi que ce qu’il a appris de cette recherche pour l’exercice de son métier d’enseignant, et enfin soutient son mémoire devant un jury.

J’ai créé en 2021 et je coordonne deux modules complémentaires à l’INSPE de Villeneuve d’Ascq.

Celui intitulé « approche comparative internationale des pédagogies interculturelles en éducation » s’intéresse à la pluralité des conditions sociales, culturelles, linguistiques et de genre afin d’amener les (futurs) enseignants et/ou les formateurs à être capables d’analyser différents contextes de scolarisation en prenant en considération tous les publics concernés pour mettre en place des approches pédagogiques/didactiques et de gestion de classe appropriées ayant pour objectif de favoriser la réussite scolaire de tous les élèves. Ses objectifs visent à mieux comprendre les différentes figures de la diversité selon les contextes éducatifs et les situations d’altérité qui s’y produisent ; à être capable d'analyser ses pratiques en situation en se décentrant progressivement tout en adoptant une posture réflexive et interdisciplinaire sur différents contextes scolaires ; à pouvoir intervenir dans des contextes éducatifs relevant de la diversité avec des stratégies identitaires et des rapports sociaux, culturels et genrés inégalitaires et à développer des approches pédagogiques interculturelles permettant de construire une culture commune sans exclure.

Celui intitulé « « lutter contre les discriminations à l’école » a pour objectif d'amener les étudiants à mieux comprendre comment se forgent les différentes catégories relatives à la discrimination sociale, culturelle, genrée (nous nous limiterons à ces trois dimensions dans ce module) chez les différents acteurs de l'école (élèves, parents, enseignants et plus largement l'équipe éducative). Il s'agit à la fois de s'intéresser aux processus de discrimination selon les époques et les lieux, aux manuels scolaires de manière critique et aux interactions entre les partenaires de l'école, en classe et à l'extérieur.  Enfin, ce module propose d'intégrer de manière transdisciplinaire des approches permettant de sensibiliser les élèves aux processus de discrimination. Ce module interdisciplinaire est à destination des futurs professionnels de l'enseignement et de l'éducation (1er et 2nd degrés et encadrement éducatif) et contribue à l’élargissement d'une culture professionnelle de référence commune. Ses objectifs et contenus sont en relation avec les problématiques professionnelles, les compétences associées et les besoins spécifiques liés à des territoires et à des types de publics d'élèves issus de la diversité. Les modalités de formation sont variées du fait de l'implication à la fois de chercheurs et de partenaires de l'école, permettant aux étudiants de tisser des liens entre réflexivité et savoirs pratiques.

Toujours à l’INSPE j’ai assuré, entre autres, un cours en M2 sur « les rapports aux savoirs et les inégalités d'apprentissage ». Il s’intéresse à la pluralité des conditions sociales, culturelles, linguistiques et de genre afin d’amener les étudiants à être capables d’analyser les différents contextes de formation selon les publics concernés pour mettre en place des approches pédagogiques/didactiques et de gestion de classe appropriées favorisant la réussite scolaire de tous les élèves. Il vise à mieux comprendre les inégalités d’apprentissage au regard de la spécificité des savoirs scolaires et des modes d’appropriation de ces savoirs à l’école tout en prenant en considération les cadres de référence culturels et les significations des conduites pour mieux appréhender les relations interculturelles et les problématiques identitaires (homogénéisation, survalorisation culturelle, …) et disposer ainsi du recul nécessaire par rapport à leurs propres schèmes socioculturels.

Il porte principalement sur : la remise en question des différentes « explications » de l’échec scolaire comme l’idéologie des dons et le handicap socioculturel ; les cultures à l’épreuve de la forme scolaire ; les modes de transmission et d’apprentissage et les inégalités qui en résultent ; la notion de malentendu sociocognitif et les implications pédagogiques (pédagogies visibles/invisibles, implicites/explicites) ; le métier d’élève et le sens du travail scolaire ; la relation pédagogique selon les contextes locaux et les effets établissement, classe, enseignant ; les concepts d’arbitraire culturel, de violence symbolique, d’acculturation, de déculturation, de discrimination, de ségrégation/apartheid scolaire ; la diversité des rapports au langage, au savoir et au genre à l’école ; les théories de la forme scolaire, de la sociologie du curriculum, de l’anthropologie de l’éducation et de la psychologie sociale et culturelle.

 

Polytech Lille (Université de Lille)

A Polytech Lille, j’ai créé en 2021 deux cours de méthodologie spécialement conçus par rapport au profil des étudiants ingénieurs.

Cours de socio-anthropologie des techniques (observations) : avant de rentrer dans le cours proprement de méthodologie qui permettra aux étudiants d’effectuer une enquête dans leur entreprise et d’en analyser les données, il est important qu’ils puissent préalablement disposer d’un certain nombre d’éléments de compréhension sur la manière d’appréhender les techniques en sciences sociales, notamment dans les deux disciplines qui s’y sont intéressées le plus : l’anthropologie et la sociologie. En effet, le métier d’ingénieur ne se limite pas seulement à l’exécution de décisions prises par d’autres et à une pratique technique dénuée de toute relation avec l’environnement social et culturel, qu’il soit interne à l’entreprise (entre les différents acteurs sociaux qui la composent) ou externe (cette dernière n’étant pas isolée). Que ce soit en production, en maintenance, en logistique ou en qualité/sécurité, l’ingénieur a tout intérêt à ne pas occulter ces dimensions environnementales qui, le plus souvent, sont à l’origine des « dysfonctionnements » et des « problèmes » de production, de rendement et de qualité. Par ailleurs, un ingénieur se doit également de penser son travail et pour cela s’appuyer sur des connaissances qui lui permettront de mieux relier la technique aux dimensions sociales et culturelles. Cette culture personnelle – requise pour l’exercice de son métier – implique de connaître au moins les grands traits de l’évolution des techniques dans une perspective à la fois globale (anthropologie des techniques) et singulière (propres à une équipe dans une entreprise donnée : sociologie interactionniste), ce qui est dévoilé dans le cours de socio-anthropologie des techniques. A travers celui-ci, les étudiants sont amenés à découvrir les concepts fondamentaux de l’anthropologie des techniques, et notamment celui de « chaîne opératoire » qu’ils vont utiliser pour effectuer leur observation dans leur entreprise et qui fera l’objet de leur première évaluation. Les étudiants sont ainsi amenés à mettre en pratique leurs connaissances théoriques sur l’observation. Ils vont donc effectuer 3 à 4 demi-journées d’observation dans leur entreprise (ou une autre si ce n’était pas possible dans la leur) en utilisant un guide d’observation. Ces observations porteront sur une chaîne opératoire de leur choix (une fois située dans le contexte général).

Cours de méthodologie en sciences sociales, approches quantitative (questionnaire) et qualitative (entretien) : après avoir effectué l’observation d’une chaîne opératoire au 1er semestre, les étudiants interrogent les acteurs en mobilisant soit un questionnaire (10 à 15 personnes) soit un entretien 4 à 5 personnes) ou un mixte des deux. Ils vont ensuite en effectuer une analyse et en présenter les résultats. Enfin, ils effectuent une comparaison entre les résultats des trois outils méthodologiques et en soulignent les points de convergence et de divergence, leur permettant ainsi de dépasser leur propre subjectivité en tant qu’observateur et celle des acteurs sociaux interrogés. Chaque étudiant compare les résultats obtenus par les différentes méthodologies qu’il a utilisées et formule ses conclusions par rapport à son enquête : le dossier final consiste à reprendre les 2 précédents dossiers améliorés suites aux commentaires indiqués lors des corrections et les comparaisons/conclusions.

IFSI Arras, St-Venant et EIA-CHU de Lille

J’interviens en socio-anthropologie de la santé dans les IFSI de Saint-venant et d’Arras depuis 2015 ainsi qu’à l’école d’infirmiers anesthésistes au CHU de Lille depuis 2022. Ces cours reposent sur une approche en sciences humaines et sociales de la santé et de la médecine enrichi par mes expériences de terrain en rapport à la santé, notamment africaines, brésiliennes et mexicaines, afin d’amener les étudiants à penser leur futur métier en prenant davantage en considération les dimensions sociales, culturelles  et psychologiques à la fois des soignants et des patients (et de leurs proches) tout en développant des compétences interculturelles favorisant leurs relations avec ces derniers. Après avoir présenté les concepts de base en anthropologie et en sociologie (groupe, culture, famille, institution, religion, rites, mythes et croyances, représentations de la santé et de la maladie, …), nous abordons plus spécifiquement l’anthropologie, la sociologie et la psychologie de la santé, de la maladie et de la médecine. Nous allons notamment nous intéresser aux rapports au corps, à la santé, à la maladie, à l’hospitalisation, aux traitements, à l’anesthésie, au niveau des différents acteurs ; mais également aux pratiques et aux représentations socialement, culturellement ou institutionnellement ancrées chez ces derniers ainsi qu’aux interactions entre eux, tout en prenant en considération les formes d’organisation et les contextes culturels dans une perspective à la fois diachronique et synchronique.

INSPE de Guyane

A l’INSPE de Guyane je suis intervenu dans plusieurs masters dans les différents domaines de la socio-anthropologie des approches interculturelles en éducation-formation, ces enseignements étant alimentés, entre autres, par les recherches que j’effectue dans ce département français depuis 2017.

Le cours « éducation interculturelle et gestion de la diversité » (M1) s’intéresse à la pluralité des conditions sociales, culturelles, linguistiques et de genre afin d’amener les futurs enseignants à être capables d’analyser les différents contextes de formation selon les publics concernés pour mettre en place des approches pédagogiques/didactiques et de gestion de classe appropriées favorisant la réussite scolaire de tous les élèves. Il vise à mieux comprendre les différentes figures de la diversité selon les contextes éducatifs et les situations d’altérité qui s’y produisent. Les étudiants vont ainsi travailler à partir de textes choisis les connaissances théoriques de base en éducation interculturelle afin de développer des compétences permettant l’analyse et l’intervention dans des contextes éducatifs relevant de la diversité des publics apprenants (autochtones dont la langue de l’école n’est pas toujours celle qui est parlée dans leurs familles, natifs issus de précédentes migrations parfois bilingues, métropolitains, nouveaux migrants allophones, …), d’enjeux/stratégies identitaires et de rapports sociaux et culturels inégalitaires.

Le cours sur « l’approche comparative des orientations interculturelles de l’éducation dans le monde » (M2, séminaire professionnalisant) – conçu dans la prolongation du précédent – met en perspective sur les plans diachronique et synchronique les différentes conceptions de l’éducation interculturelle dans le monde, les contextes dans lesquels elles ont pu se développer, comment elles ont pu se traduire ou non en politiques éducatives, les dynamiques et les tensions qu’elles ont pu provoquer dans le cadre de leur mise en œuvre, les résultats qu’elles ont pu apporter, et cela du préscolaire à l’université. Après avoir rappelé les principaux concepts liés à la diversité culturelle, les étudiants vont disposer d’un panorama de différentes expériences nationales ou plus locales prenant en considération la diversité culturelle à l’école que je présente sous forme de Power Point en me basant notamment sur mes différents terrains. En s’inspirant de ces recherches et de celles qui ont été menées par d’autres chercheurs, les étudiants vont ensuite réfléchir en petits groupes et proposer à leur tour – sous forme d’exposés donnant lieu à des débats – des orientations interculturelles pour la classe dans laquelle ils sont déjà affectés.

Enfin, le cours d’« analyse des contextes socioculturels et approfondissement des compétences professionnelles du formateur » (parcours formateurs de formateurs) s’adresse à des professionnels de l’éducation déjà en activité et disposant d’une connaissance de terrain avérée. Il porte plus spécifiquement sur une analyse de leurs pratiques en situation en les amenant à se décentrer progressivement en adoptant une posture réflexive et interdisciplinaire sur différents contextes scolaires. Le cours se décompose en trois parties : méthodologie pour l’analyse contextualisée (sociologie interactionniste, observation ethnographique, …) ; analyses contextuelles ; développement de compétences interculturelles générales et spécifiques (travail en groupe à partir de lectures scientifiques et des expériences localisées des étudiants).

Autres universités

A l’université de Paris 13, dans un master de sciences de l’éducation, j’ai assuré un cours « langues et ouverture interculturelle » qui vise à amener les étudiants à prendre en compte la diversité linguistique présente dans une classe ou un établissement scolaire pour favoriser les apprentissages à partir de l’ouverture interculturelle qu’elle peut produire ou susciter (au lieu de la penser comme un obstacle ou un problème). Il s’organise avec une présentation des concepts de base relatifs à la diversité culturelle et linguistique ; la lecture de textes scientifiques notamment en anthropologie et en linguistique portant sur les « modèles » éducatifs où le bilinguisme a été introduit (reconnaissance des langues régionales ou minoritaires, dont celles des immigrés, …) ; une réflexion critique et comparative de la capacité des systèmes éducatifs à intégrer d’autres langues et cultures que celles sur lesquelles ils se sont édifiés. Je m’appuie également sur mes expériences de terrain dans une perspective comparatiste pour confronter et reformuler les approches théoriques sociologiques, anthropologiques, linguistiques et pédagogiques selon les contextes situés.

A l’université de Paris 10 – Nanterre, j’ai assuré un cours d’anthropologie des techniques qui vise à inculquer aux étudiants les bases théoriques et méthodologiques leur permettant d’aborder l’analyse ethnologique des faits techniques et des objets – y compris ceux qui sont associés au corps – tout en prenant en considération les déterminations sociales et culturelles qui les orientent et les rendent signifiants. A partir de recherches en anthropologie des techniques (Mauss, Leroi-Gourhan, Benjamin, Mumford, Habermas ; Haudricourt, Cresswell, Latour, Appadurai ; Akrich, Verin, Warnier, Balfet, …), j’illustre la complexité de la question technique et l’extrême variété de ses manifestations (corps, apprentissage, sociétés traditionnelles, industrielles, etc.) en m’appuyant en autres sur mes recherches de terrain portant sur l’éducation « traditionnelle » – dont les ethnosciences font parties – et plus largement sur l’apprentissage des techniques dans différents groupes socioculturels (populations hausa au Niger, rom en France en en Roumanie, ticuna, tukano, baniwa, mura et satere-mawe au Brésil, tseltal et yucatèque au Mexique, kali’na et wayana en Guyane française).

A l’université des Antilles (Martinique), je suis intervenu dans un master d’InfoCom en méthodologie : le cours porte sur l’analyse de contenu en général et plus particulièrement sur les différentes étapes d’analyse de documents en communication puis y intègre des approches connexes comme la linguistique et la sémiotique ; les TD qui sont effectués en parallèle amènent les étudiants à s’exercer sur différents types de corpus (textes, photos, films) en rapport tout d’abord avec leur contexte (les Antilles, le monde créolophone, …) puis dans d’autres sociétés/cultures.