Olivier Meunier

Professeur des universités - sociologie, anthropologie
CNU : SECTION 19 - SOCIOLOGIE, DEMOGRAPHIE
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Olivier Meunier

Professeur des universités - sociologie, anthropologie

Axes de recherche

Recherches post-HDR (2007-2021)

Elles portent principalement sur les rapports entre cultures et éducation, les approches interculturelles qui peuvent être développées pour mieux répondre aux enjeux de la diversité, des cultures et des migrations, l’analyse des dispositifs permettant de réduire la distance socioculturelle entre les élèves et la forme scolaire en France (métropole, Guyane), en Roumanie, au Brésil et au Mexique.

Cinq terrains ont été investigués : les dispositifs d'accompagnement éducatif/à la scolarité dans les quartiers populaires en France (terminé), l'instauration d'une éducation bilingue interculturelle dans les écoles des territoires indigènes de l'Amazonie (terminé), les dispositifs de médiation à l’égard des Roms en Europe centrale (terminé), l’utilisation des langues et des savoirs « indigènes » dans les écoles de l’État et des communautés autonomes (zapatistes) au Mexique (terminé), la mise en place d’une éducation bilingue dans le préscolaire et le primaire en Guyane (en finalisation).

Les objectifs de cette recherche comparative sont d’analyser et de comprendre les interactions entre différentes formes d’éducation (éducations familiale, communautaire, patrimoniale ; traditions orale et écrites ; ethnosciences, éducations scolaire, autonome ou alternative ; formations formelles ou informelles) ; comment elles peuvent produire une éducation tout au long de la vie (acculturation, déculturation, revitalisation, patrimonialisation, dialectiques interculturelles ou transculturelles) ; le sens et les usages qu’elles prennent selon les acteurs sociaux, les cultures, les contextes et les situations (notamment d’énonciation) ainsi que leur éventuelle portée universelle.

La méthodologie employée est principalement qualitative (observations ethnographiques parfois participantes, entretiens semi-directifs, à bâtons-rompus, d’auto-confrontation à partir d’enregistrements vidéo, analyse de discours).

Orientations spécifiques à l'éducation

L'analyse des inégalités socioculturelles des élèves face à la forme scolaire questionne les dispositions cognitives des premiers dans leurs rapports à la variabilité de l'exercice d'une violence symbolique de la seconde. La perception subjective du processus de scolarisation s'articule avec les arrière-plans socioculturels des élèves et renvoie à la notion de climat scolaire qui influence leur désirabilité à l'égard de l'école et des apprentissages scolaires.

Selon les contextes de scolarisation et la capacité de la forme scolaire à prendre en considération la culture et/ou la diversité culturelle des élèves dans son organisation, sa pédagogie et les compétences et connaissances qu'elle a pour prérogative de transmettre, cette perception peut varier et alors participer à la réduction ou au renforcement des inégalités socioculturelles des élèves.

La forme scolaire peut ainsi produire des « déviances » quand elle est perçue de manière coercitive, peu significative ou culturellement trop distante par les élèves issus de milieux populaires, de l'immigration, de groupes minoritaires ou de populations ségréguées ou discriminées. Elle peut également s'adapter aux différents contextes en intégrant les dimensions culturelles et les variations des rapports au(x) savoir(s) des élèves, notamment par des approches interculturelles où l'altérité est conçue comme une forme d'enrichissement réciproque sans chercher à établir des rapports de hiérarchisation ou de domination, tout en dévoilant la portée universelle des savoirs culturellement situés.

Recherches en cours

2017-2023 : Recherche en Guyane française sur la mise en place d’écoles bilingues (préscolaire et primaire) auprès des populations amérindiennes du département (partenariats : INSPE/Université de Guyane – MINEA).

Cette recherche concerne le suivi d’une expérimentation du ministère de l’Education nationale effectuée par le Rectorat de Guyane auprès de différentes populations du département dont la langue maternelle n’est pas le français. Depuis 2017, la petite section de maternelle est concernée, chaque année qui suit concernant le niveau supérieur jusqu’au CM2. L’enseignant formé à cet effet (généralement issu des communautés concernées) doit assurer la moitié des enseignements dans la langue des enfants, permettant à ces derniers de mobiliser leurs arrière-plans culturels et linguistiques dans les apprentissages.

 

2015-2021 : Recherche (coordination) au Mexique sur le rapport entre les savoirs traditionnels des populations amérindiennes et les différentes formes de scolarisation interculturelles du préscolaire à l’université (partenariats : en France LESC, ANR FABRIC’AM, centre EREA ; au Mexique Ministère de l’Enseignement supérieur – Coordination générale de l’éducation interculturelle et bilingue (CGEIB), UNICH, UIMQROO, CIESAS)

Ce projet s’inscrit dans la continuité de plusieurs missions de recherche que j’ai effectuées entre 2003 et 2009 pour différentes institutions brésiliennes (INPA, UFAM, UEA, …) sur l’utilisation des savoirs culturels de populations amérindiennes dans la forme scolaire (du primaire au secondaire) et dans les formations supérieures interculturelles visant à former les enseignants autochtones.

Cette recherche vise à comparer les processus d’éducation bilingue interculturelle (EBI) dans deux régions où les revendications identitaires autochtones ont été les plus dynamiques. Celle du Chiapas comporte plusieurs peuples autochtones, ce qui implique une prise en considération de cette diversité dans l’enseignement ; celle du Quintana Roo est plus homogène sur le plan linguistique avec uniquement les Yucatèques.

Si au Brésil, l’EBI ne concerne que les amérindiens disposant de territoires (ce qui limite quelque peu l’interculturalité, notamment dans les villes où les populations autochtones sont également présentes), au Mexique, les universités interculturelles ont été créées dans les régions où au moins 30 % de la population est méso-amérindienne afin de favoriser leur accès à l’enseignement supérieur. Elles accueillent également d’autres populations issues de la colonisation et des métissages qui ont suivi, ce qui peut se traduire par des réflexions, un enseignement et des pratiques pédagogiques où l’interculturalité et la transculturalité sont encore plus manifestes que dans les territoires amérindiens du Brésil.

Cette recherche ne se limite pas aux universités interculturelles puisqu’elle prend également en considération les différentes formes d’« éducation autochtone » au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, qu’elles émanent de l’Etat ou de la société civile selon les régions étudiées. En effet, depuis les années 1970 des associations d’enseignants autochtones ont développé des expériences d’éducation interculturelle, principalement dans l’éducation primaire, mais également dans le secondaire, ce que nous avons analysé afin d’intégrer à notre recherche l’ensemble du cursus scolaire des élèves méso-amérindiens.

De même, des enquêtes sur les formations interculturelles des professeurs autochtones ont été effectuées afin d’analyser la corrélation entre les demandes des populations méso-amérindiennes, les pratiques de formation et les politiques éducatives, mais aussi les pratiques enseignantes dans les écoles des régions étudiées.

Enfin, des enquêtes ont été menées auprès des élèves, des parents et des « porteurs du savoir méso-amérindiens » (chamans, herboristes, artisans, « sages », « anciens », …) pour comprendre comment ils perçoivent les pratiques d’enseignement et les programmes élaborés dans les écoles et les universités interculturelles, s’ils correspondent à ce qu’ils attendent/espèrent, notamment en termes d’inclusion (prise en compte des langues et savoirs autochtones) et de développement local (des communautés méso-amérindiennes) ; nous nous sommes plus particulièrement intéressé à la cohérence, à la complémentarité et aux dialectiques des formes d’éducation communautaires, autonomes et scolaires ou universitaires, ainsi qu’à leurs finalités pratiques et professionnelles.

Recherches antérieures

Recherches en France sur les dispositifs d’accompagnement éducatif /à la scolarité concernant les élèves des écoles primaires et des collèges situés en « réseau ambition réussite » (partenariats : MEN/DGESCO - Bureau de la politique d'éducation prioritaire et des dispositifs d'accompagnement, Centre Alain Savary de l'Institut français de l’éducation (IFE) - ENS LSH de Lyon, Académies de Lyon et de Paris)

- 2011-2013 : enquête sociologique sur les dispositifs d’accompagnement dans les zones d’éducation prioritaire de l’académie de Paris.

- 2008-2010 : Enquête sur les dispositifs d’accompagnement dans les zones d’éducation prioritaire de l’académie de Lyon.

 

Recherches (coordination d’équipes de recherche) au Brésil sur l’éducation bilingue interculturelle (partenariats : Université de l'Etat d'Amazonas (UEA), Université fédérale d'Amazonas (UFAM))

- 2009 : Mission de recherche pour l’université de l’Etat d’Amazonas (UEA) sur les formations supérieures interculturelles des enseignants amérindiens mises en place dans le municipe de Sao Gabriel da Cachoeira.

- 2008 : Missions de recherche (UEA) sur les pratiques d’éducation bilingue interculturelle chez les peuples Baniwa-Coripaco du fleuve Içana et Tukano du fleuve Uaupès (municipe de Sao Gabriel da Cachoeira, Haut Rio Negro, Amazonas, Brésil) dans l’enseignement fondamental (primaire et 1er cycle du secondaire) et dans l’enseignement moyen (2nd cycle du secondaire).

- 2008 : Mission de recherche (UEA) sur les pratiques d’éducation bilingue interculturelle chez les Ticuna (municipes de Tabatinga et de Benjamin Constant, Haut Solimões, Amazonas, Brésil) dans l’enseignement fondamental (primaire et 1er cycle du secondaire) et dans l’enseignement moyen (2nd cycle du secondaire).

- 2008 : Mission de recherche (UEA) sur les formations supérieures interculturelles des enseignants amérindiens mises en place par l’Université d’État d’Amazonas et l’Organisation générale des professeurs ticuna bilingues (OGPTB) à Filadelfia (municipe de Benjamin Constant, Haut Solimões, Amazonas).

 

Recherches en Roumanie sur l’éducation scolaire et familiale chez les Roms (partenariats : Centre interculturel de Timisoara, associations roms)

- 2007 : Mission de recherche (CURSEP, université d’Amiens) sur le rapport des Roms de Roumanie à l’institution scolaire. Étude comparative entre les Roms des classes moyennes urbanisées et les Roms défavorisés des campagnes roumaines (régions de Timisoara et de Sibiu).

 

Recherches (coordination d'équipes) au Brésil sur la transmission/circulation des savoirs chez les populations amérindiennes et le développement durable de leur territoire (partenariats : Université de l'Etat d'Amazonas (UEA), Université fédérale d'Amazonas (UFAM), Ministère des sciences et des technologies, Ministère du développement durable)

- 2005 : Mission de recherche (LAEA – NPCHS – INPA) sur l’articulation entre les savoirs traditionnels, l’éducation interculturelle et le développement durable chez les Mura du municipe d’Autazes (3ème étape : 6 communautés).

- 2004 : Mission de recherche (LAEA-NPCHS-INPA/SECT-AM/UFAM) sur l’articulation entre les savoirs traditionnels, l’éducation interculturelle et le développement durable chez les Satere-Mawé du municipe de Mauès (Amazonas).

- 2004 : Mission de recherche (LAEA – NPCHS – INPA) sur l’articulation entre les savoirs traditionnels, l’éducation interculturelle et le développement durable chez les Mura du municipe d’Autazes (2ème étape : 4 communautés).

- 2003 : Mission de recherche (LAEA – NPCHS – INPA) sur l’articulation entre les savoirs traditionnels, l’éducation interculturelle et le développement durable chez les Mura du municipe d’Autazes (1ère étape : 12 communautés).

 

 

Recherches comparatives (Océan indien, Océanie, Brésil, Afrique de l’Ouest) sur les rapports entre éducations et cultures

- 2002 : Mission de recherche (LAHPT – université Paris VIII / CIRCI – université de La Réunion) sur les pratiques et les représentations de l’éducation scolaire, non-formelle ou informelle chez les différentes communautés musulmanes de l’île de La Réunion.

- 2001 : Mission de recherche (LAHPT/Groupe de recherche IN-formation de l’université fédérale de Bahia) : étude comparative sur l’articulation savoirs/cultures (techniques du corps et représentations), entre les populations afro-brésiliennes de Salvador de Bahia au Brésil et les Hawsa de Maradi au Niger : candomblé brésilien et bori hawsa.

- 2000 : Mission de recherche (LAHPT, IUT de Tremblay-en-France, université de Paris VIII) sur les questions de formation (formelle ou non formelle), d’organisation du travail et de maintenance dans les entreprises artisanales et industrielles en Afrique subsaharienne ; évaluation des différentes formations professionnelles et technologiques du secondaire et du supérieur au Niger (coordination d’une équipe de recherche).

- 1998 : Mission de recherche (LAHPT) au Niger concernant l’évaluation des politiques éducatives.

- 1992-1994 : Mission de recherche (IRD) au Niger : étude comparative des différents modes de scolarisation (formels, non formels, informels).

- 1991 : Mission de recherche (CNRS) de trois mois en Nouvelle-Calédonie : les transformations des formes d’apprentissage et d’éducation traditionnelle chez les Kanak Cèmuhî suite aux accords Matignon de 1988 (étude comparative entre Nouméa et la région de Touho).

Méthodologie

La méthodologie employée est principalement qualitative (observations ethnographiques parfois participantes, entretiens semi-directifs, à bâtons-rompus, d’auto-confrontation à partir d’enregistrements vidéo, analyse de discours), généralement après une approche quantitative initiale permettant de constituer des échantillons représentatifs de la population concernées. Sur le plan épistémologique, ma posture relève à la fois de l’anthropologie comparée, dynamique et critique et de la sociologie interactionniste, et occasionnellement de l’intervention sociologique lors de recherches collectives afin de favoriser une réflexion commune des acteurs sur leurs pratiques.