UMR 9193

Directrices de thèse

Séverine CASALIS, professeur de Psychologie cognitive à l'Université de Lille

Sandrine MEJIAS, maître de conférence au Département d'Orthophonie de l'Université de Lille

 

 

 

Résumé de la thèse

Apprentissage du langage écrit chez les enfants allophones : rôle des prédicteurs cognitifs et développement d'un test d'apprentissage lexical

Près de 64000 enfants allophones nouvellement arrivés (EANA) étaient scolarisés en France au cours de l'année scolaire 2017-2018. Ces enfants, issus de l’immigration, sont appelés EANA du fait qu’ils viennent d’arriver en France (depuis moins d'un an). Les EANA n'ayant bénéficié que de très peu d'exposition au français, on peut s’attendre à ce qu’ils aient développé peu de compétences en français oral lorsqu’ils commencent à apprendre à lire et écrire en français. Or cet apprentissage est fortement déterminé par les compétences en langage oral telles que les compétences phonologiques ou le niveau de vocabulaire de l’enfant. Plus particulièrement, le développement des capacités de décodage est associé aux compétences phonologiques et méta-phonologiques, tandis que l'identification de mots écrits et la compréhension écrite sont plutôt sous-tendus par le niveau de vocabulaire.

On peut donc se demander si chacun des prédicteurs identifiés comme favorisant le développement de la lecture chez les enfants monolingues a le même impact chez les enfants allophones.

On peut notamment supposer que l'acquisition du vocabulaire sera importante dans la réussite future en lecture chez les EANA et ce dès les premières années d'apprentissage de la lecture contrairement aux enfants monolingues. Ainsi il est attendu que ceux présentant de meilleures capacités à apprendre des nouveaux mots seront mieux armés pour identifier des mots écrits ou pour comprendre ce qu'ils lisent plusieurs années après leur arrivée en France.

L'objectif de cette thèse sera donc d'évaluer le poids de différents prédicteurs cognitifs et langagiers et d'une tâche d'apprentissage de mots dans l'acquisition du langage écrit par des EANA en comparaison à des enfants monolingues. Le cœur de cette thèse consistera en une étude longitudinale qui nous permettra d’évaluer la valeur prédictive de différentes compétences cognitives, dont le niveau de vocabulaire en français et la capacité à apprendre de nouveaux mots, sur l'acquisition de la lecture .

On s'attend à observer d’une part, une corrélation entre les compétences phonologiques et l'acquisition du langage écrit et d’autre part, une décorrélation partielle entre le niveau de vocabulaire et les compétences futures en lecture (compte tenu du faible niveau d'exposition au français à leur arrivée). Nous nous attendons également à ce que la tâche d'apprentissage de nouveaux mots prédise mieux le niveau de lecture futur que les tâches de vocabulaire.

L’ensemble des résultats permettront d'abonder la littérature au sujet du développement du langage écrit chez les enfants allophones et bilingues francophones avec comme objectif stratégique d'aiguiller les interventions et évaluations pédagogiques ou cliniques chez cette population très particulière.

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