Fadoua Boulakal
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La thèse, menée au sein du laboratoire GERiiCO à l’Université de Lille, Sciences Humaines et Sociales, s’inscrit dans le champ des humanités numériques et porte sur les transformations numériques des musées, plus particulièrement sur la conception et les usages des nouvelles formes de musées numériques.
Cet écrit doctoral développe la réflexion construite autour des dispositifs de musées immersifs et s'intéresse aux différentes technologies simulant un environnement virtuel. Il interroge les musées immersifs comme systèmes d'information et lieux de savoir patrimonial, mais également, comme dispositif numérique institutionnel portant une responsabilité d'assurer la diffusion et surtout la réelle accessibilité des connaissances à tous les publics. En utilisant les technologies les plus récentes, comme la réalité augmentée et virtuelle, les projections, les outils interactifs et l'intelligence artificielle, cette étude cherche à comprendre comment l'immersion change la façon dont l'information est transmise et comment elle peut, selon la façon dont elle est conçue, rendre l'accès plus ou moins facile pour certaines personnes (neurodivergentes et neurotypiques) . Le but principal est de définir ce qu'est un musée immersif et ce qui rend l'accès au savoir vraiment amélioré, en allant au-delà de l'accès physique : cela comprend l'accès pour les personnes ayant des problèmes sensoriels (sous-titres, descriptions audio, langue des signes, adaptations pour les mouvements), l'accès pour les personnes ayant des difficultés à comprendre (informations claires, complexité progressive, personnalisation), l'accès linguistique et culturel (plusieurs langues, différents points de vue, prise en compte des personnes éloignées), et l'accès éthique lié à la technologie (explication du fonctionnement des algorithmes, protection des données, utilisation raisonnable et durable des infrastructures). En se basant sur des exemples concrets et des analyses d'outils immersifs, cette recherche montre que les institutions muséales doivent prendre leurs responsabilités lorsqu'elles mettent en mouvement des objets et des monuments dans des environnements simulés : il faut s'assurer que le contenu est authentique et vérifiable, que les reconstitutions sont faciles à comprendre, que les incertitudes sont expliquées, que les sujets sensibles (comme les vols ou les contextes liés à la colonisation) sont traités avec soin, et que le pouvoir est partagé en permettant aux gens de participer et de contribuer. Les musées immersifs créent une expérience à destination des visiteurs. Parallèlement, la médiation évolue de manière à s'adapter au processus de mutation numérique. L'ensemble de cette introspection va ouvrir les champs du possible quant à l'appartenance des musées aux domaines des humanités numériques grâce à l'utilisation des différentes méthodes d'immersion. La réflexion est non-seulement centrée sur l'innovation technologique, mais aussi sur l'environnement numérique qui permet de conserver, protéger et donner vie au patrimoine par la mise en mouvement d'artéfacts figés et des monuments endormis, dans un environnement simulé. Il incombe de comprendre le contexte et les multiples enjeux de ce renouveau qui permet de conserver le patrimoine universel et de le diffuser avec une dimension nouvelle.
Thèse : Musées immersifs et responsabilité sociale : repenser l'accessibilité au savoir à l'ère numérique