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C'est avec plaisir que je vous annonce la soutenance de thèse de doctorat de Fanny Grisetto intitulée "Impulsif ne veut pas dire désinhibé : effet de l’impulsivité sur l’adaptation des mécanismes de contrôle cognitif".
Cette soutenance se tiendra mercredi 25 novembre à 14h et sera retransmise en direct sur facebook (lnkd.in/duJqBWV).
Pour Yvonne Delevoye-Turell et moi-même ses encadrantes, c'est un véritable accomplissement de voir Fanny défendre sa thèse, et nous l'espérons, obtenir son grade de docteur en psychologie.

Cette thèse a été financée par l'Université de Lille et la Région Hauts-de-France avec la participation de la MESHS. Le travail de recherche a été mené au sein du laboratoire SCALab (CNRS, Université de Lille).

 

Le jury sera composé de :

  • Pr. Hélène Beaunieux, Université de Caen
  • Dr. Joël Billieux, Université de Lausanne
  • Dr. Borìs Burle, Université d’Aix-Marseille
  • Pr. Gilles Pourtois, Université de Gand
  • Pr. Jean-Louis Nandrino, Université de Lille

 

Résumé de la thèse :

L’impulsivité est une tendance comportementale fréquemment observée dans la population générale mais à des degrés différents. À ce propos, une forte impulsivité augmente les risques de développer un trouble psychiatrique, tel que les différentes formes d’addiction ou des troubles de la personnalité. Pour comprendre l’émergence de ces divers troubles comportementaux, mon projet de thèse s’est porté sur le rôle du contrôle cognitif dans les manifestations de l’impulsivité. Le contrôle cognitif est, en effet, un ensemble de fonctions cognitives nous permettant d’adapter nos comportements à un environnement changeant, et donc complexe. Durant ma thèse, je me suis plus particulièrement intéressée aux capacités d’adaptation des mécanismes de contrôle proactif et réactif chez des individus impulsifs, principalement dans la population générale mais également auprès de patients alcoolo-dépendants.

Les trois premières études de ma thèse ont montré qu’une forte impulsivité était caractérisée par une utilisation moindre des mécanismes proactifs associée à un défaut d’adaptation des mécanismes de contrôle aux demandes externes et aux contraintes internes. Les individus impulsifs exercent moins de contrôle proactif alors que celui-ci devrait être favorisé au vu des caractéristiques contextuelles ou individuelles. Dans une quatrième

étude dans laquelle des enregistrements EEG ont été effectués, nous nous sommes intéressées à l’activité cérébrale typique observée au moment de l’exécution des erreurs, nommée ERN/Ne, et dont le rôle serait de signaler les besoins en contrôle. Une réduction de cette activité cérébrale a été observée chez les individus les plus agressifs, mais pas chez les individus les plus impulsifs. Ce résultat suggère que l’émergence de comportements inadaptés pourrait être en partie expliquée par cette réduction du signal d’alarme. Enfin, des résultats préliminaires suggèrent un lien entre un indice périphérique de l’adaptation physiologique (HRV) et les capacités d’adaptation des mécanismes de contrôle. Ce résultat ouvre la voie à de nouvelles interventions thérapeutiques pour la réduction des comportements inadaptés.

Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse suggèrent que l’impulsivité en population générale est associée à un système de contrôle cognitif moins proactif et moins flexible, menant potentiellement à des comportements inappropriés quand les mécanismes de contrôle en jeu sont inadaptés.