Myriam Hecquet

professeure des universités - Philologie grecque et latine, Philosophie de l'Antiquité, Histoire des sciences
CNU : SECTION 08 - LANGUES ET LITTERATURES ANCIENNES
Pôle Formation de la Faculté de médecine
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Myriam Hecquet

professeure des universités - Philologie grecque et latine, Philosophie de l'Antiquité, Histoire des sciences

Publications

Ouvrages

- Aristote. Les Réfutations Sophistiques, Introduction, édition du texte grec, traduction et commentaire par Myriam Hecquet, Paris, Vrin, 2019

- Traduction annotée des Réfutations Sophistiques d'Aristote, dans Aristote, Topiques et Réfutations Sophistiques, de Jacques Brunschwig et Myriam Hecquet, GF, Paris, 2015

- Traduction des Réfutations Sophistiques d’Aristote, dans Aristote. Œuvres complètes, sous la direction de Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 2014

- Aristote, Métaphysique Gamma. Introduction, texte grec et traduction par Myriam Hecquet-Devienne, Onze études réunies par A. Stevens, Louvain-la-Neuve, Peeters, 2008

Aristote. Les Réfutations Sophistiques, Introduction, édition du texte grec, traduction et commentaire par Myriam Hecquet, Paris, Vrin, 2019

L'interprétation des Réfutations Sophistiques reposait depuis plus d'un demi-siècle sur l'édition de Ross qui n'avait ni relu les manuscrits les plus anciens : l'Urbinas gr. 35 (du Xe s.) et le Marcianus gr. 201 (de 954), ni utilisé le Vaticanus Barberinianus gr. 87 (du Xe s.) et les fragments du Parisinus suppl. gr. 1362 (du IXe s.). Mon édition repose sur une nouvelle lecture de ces témoins directs. Elle ajoute le témoignage des traductions arabes de Qadim ibn Nâ’ima (IXe s.), Yahyâ ibn ‘Adî (Xe s.) et ‘Isâ ibn Zur’a (Xe s.) d'après l'examen ponctuel que Michel Crubellier a fait du Parisinus ar. 2346 sur ma demande. Je retiens généralement le texte des deux premiers manuscrits grecs, moins corrompus, plutôt que les corrections savantes trouvées dans d'autres manuscrits ou proposées par les éditeurs et interprètes. Ma traduction (publiée aussi chez Flammarion en 2014 et dans la collection de poche Garnier-Flammarion en 2015) propose l'élucidation de passages restés jusque là incompris ou mal interprétés. Une longue introduction et un appareil de notes explicatives très développées, rendues nécessaires par la complexité du texte, en facilite la lecture. Mon introduction reprend notamment les questions de la genèse du traité et de la cohérence de l'analyse aristotélicienne, propose une explication inédite du fonctionnement de la dialectique peirastique (comment n'importe qui peut-il mettre à l'épreuve le savoir revendiqué par son interlocuteur ?) et montre que ce traité prouve l'efficacité de l'enseignement dialectique délivré dans les Topiques.

Aristote, Métaphysique Gamma. Introduction, texte grec et traduction par Myriam Hecquet-Devienne, Louvain-la-Neuve, Peeters, 2008

Fondée sur une nouvelle collation rigoureuse et complète des trois plus anciens témoins de la tradition manuscrite: J, E et Ab, mon édition de Métaphysique Gamma corrige la vulgate imprimée. Le témoignage des lemmes et citations du commentaire d'Alexandre d'Aphrodise est également rectifié sur la base des manuscrits L et A. Après avoir exposé les principes méthodologiques suivis, analysé la tradition imprimée de la Métaphysique, donné une description codicologique et paléographique précise des manuscrits retenus, et examiné le rapport entre les témoins manuscrits, et entre les lemmes et citations d'Alexandre et la tradition directe d'Aristote, je propose une analyse de l'argumentation développée par Aristote dans le livre Gamma. La traduction qui accompagne ce texte grec fondamentalement révisé le suit de près, sans en gommer les aspérités, afin de le livrer dans toutes ses potentialités aux lecteurs. Des notes éclairent les passages trop abrupts, certains choix interprétatifs, ou les choix éditoriaux inédits.

Chapitres d'ouvrages

- « Aristote linguiste et grammairien : l'analyse de la λέξις ds les Réfutations sophistiques », dans Le langage. Lectures d’Aristote, éd. L. Gazziero, Louvain-la-Neuve, chez Peeters (collection « Aristote – Traductions et études »), à paraître (40 pages)

- « An Initial Codicological and Palaeographical Investigation of the Venetus A Manuscript of the Iliad », in Rediscovering Homer: Images and Insights from the Venetus A Manuscript of the Iliad, Edited by Casey Dué, Harvard University Press, 2009, p. 57-87 (ouvrage téléchargeable en PDF : taper Recapturing a Homeric Legacy - Center for Hellenic Studies)

- « Les éditions modernes d’Aristote », Aristote au XIXe siècle, actes du colloque organisé par Denis Thouard à Lille les 26, 27 et 28 septembre 2002, Lille Presses Universitaires du Septentrion, « Cahiers de philologie », série « Apparat critique », 2004, p. 413-441  1e partie de l'articlehttps://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02484193/document     (manquent les tables, à venir)

- « Les éditions de la Métaphysique d’Aristote », dans le Dictionnaire des Philosophes Antiques, supplément préparé par Richard Goulet, CNRS Editions, Paris, 2003, p. 245-249     halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02484201

“An Initial Codicological and Palaeographical Investigation of the Venetus A Manuscript of the Iliad”, in Rediscovering Homer: Images and Insights from the Venetus A Manuscript of the Iliad, Edited by Casey Dué, Harvard University Press, 2009, p. 57-87

Je fais une description codicologique de ce manuscrit et je présente la façon dont le texte et ses abondantes scholies ont été organisés, le travail « éditorial » sur lequel repose la copie. Page par page, le scribe a écrit 25 vers du texte homérique, ajouté, avec un calame plus fin, le corps principal des scholies « en couronne » autour du poème, dans une écriture minuscule plus cursive, et inséré entre ces deux ensembles textuels ou dans la marge interne du folio, des scholies en semi-onciale beaucoup plus courtes, en quelque sorte un "apparat critique". La copie des scholies en semi-onciale étant de règle jusqu’au milieu du Xe siècle, la minuscule cursive utilisée pour le corps le plus important de scholies avait conduit les paléographes à ne pas faire remonter la datation du Venetus en-deçà de cette limite ; mais le scribe semble plutôt avoir été conduit à ce choix par la nécessité de différencier les deux types de scholies ; s’il innove, le manuscrit peut donc avoir précédé d’une ou deux décennies le milieu du Xe siècle, ce qui rejoint la datation proposée pour certaines de ses enluminures par Kurt Weitzmann. Ainsi que le signale le scribe à la fin de chaque chant, il a transcrit dans la marge les signes d’Aristonicos, les notes de Didyme sur la recension d’Aristarque, des extraits de la Prosodie de l’Iliade d’Hérodien, et des remarques sur la ponctuation de Nicanor. Le travail éditorial est aussi manifeste dans les ajouts et les corrections apportés par un réviseur contemporain à la fois dans le texte et dans les scholies : à la lisière des folios, il a ajouté des suggestions de corrections, sur lesquelles il revient parfois pour les exponctuer. Allen voyait dans ces exponctuations l’intervention d’un deuxième correcteur, témoignant d'une réflexion et peut-être de discussions érudites avec le scribe. Dans un premier temps, le scribe a aussi ajouté des variantes dans l’interligne, sans doute après avoir consulté un autre modèle. Plusieurs fois, en effet, le réviseur fait référence à un témoin du texte de l’Iliade qu’il appelle ντβολον ("modèle") ou παλαιόν ("le <témoin> ancien") ; mais il mentionne aussi d’autres modèles : ἐν λλοις. Je montre que certaines caractéristiques du Venetus A rappellent celles de manuscrits d’Arethas, et je relève un faisceau d’indices tant codicologiques que paléographiques qui convergent vers le moine Ephrem et certains scribes avec lesquels ce dernier a travaillé.

Articles

- « L’authenticité de Métaphysique ‘Alpha’ (meizon ou elatton) d’Aristote, un faux problème ? Une confirmation codicologique », Phronesis 50, 2005, p. 129-149   halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02484148

- « A legacy from the library of the Lyceum? Inquiry into the joint transmission of Theophrastus’ and Aristotle’s Metaphysics based on evidence provided by manuscripts E and J », Harvard Studies in Classical Philology 102, 2004, p. 171-189    halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02480650

- « Une alternative au débat entre ‘stemmatistes’ et ‘contaminationnistes’ : l’analyse archéologique des textes dans les manuscrits grecs de référence », Lexis 19, 2001, p.133-140 halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02480645

- « Les mains du Parisinus graecus 1853. Une nouvelle collation des quatre premiers livres de la Métaphysique d'Aristote (folios 225v-247v)  », Scrittura e Civiltà 24, 2000 ; p.103-171    halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02480634

- « Lecture nouvelle d'Oedipe roi de Sophocle (manuscrits L et A)  », Revue d'Histoire des Textes XXIV, 1994, p.1-59     halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02484173

- « La pensée et le mot dans les "Réfutations Sophistiques », Revue Philosophique, 1993-2, p.179-196   

Traductions

- Enrico Berti, Dialectique, physique et Métaphysique. Etudes sur Aristote,  Louvain-la-Neuve, 2008 :

« La valeur épistémologique des endoxa chez Aristote », p.73-92

« Multiplicité et unité de l’être chez Aristote », p. 345-367

« La causalité du Moteur immobile selon Aristote », p. 381-399

« Le livre Lambda  de la Métaphysique d’Aristote. Entre physique et métaphysique », p. 401-421) :

- Carlo Natali, L’action efficace. Etudes sur la philosophie de l’action d’Aristote, Louvain-la-Neuve, 2004 « Paradigme : les problèmes de l’action pratique et l’usage des exemples chez quelques auteurs grecs du IVe siècle av. J.-C. », p. 11-27 

« Mouvements et activités. L’interprétation de Métaphysique Y 6 », p. 67-90

« Activité de Dieu et activité de l’homme », p. 324-351

« Responsabilité et déterminisme », p.177-194)

« L’authenticité de Métaphysique ‘Alpha’ (meizon ou elatton) d’Aristote, un faux problème ? Une confirmation codicologique », Phronesis 50, 2005, p. 129-149

Je reprends à sa source la discussion, vieille d'un millénaire, sur l’authenticité du livre Petit Alpha de la Métaphysique d’Aristote : elle a pour origine une note qui se trouve dans le Parisinus gr. 1853 (Xe siècle) à la jonction du premier et du deuxième livre. Cette note a été copiée par la même main que celle qui a ajouté dans ce manuscrit une note d’un contenu comparable à la fin de la Métaphysique de Théophraste. Ce fait, jusque là passé inaperçu parce que le scribe a utilisé différentes écritures : droite ou penchée, calligraphique ou cursive, montre que c’est le premier livre de la Métaphysique (Grand Alpha), et non le deuxième, qui était attribué par certains à Pasiclès de Rhodes et non pas à Aristote, ce dont témoignait déjà Asclépios (VIe s.). Le contenu et la formulation très proches des deux notes permettent de penser qu’elles viennent d’un même érudit : à l’aide notamment des commentaires d’Alexandre et d’Asclépios à la Métaphysique d’Aristote, de l’étude de Nicolas de Damas (1er s. avant notre ère) ou des catalogues d’Hermippe (IIIe s. avant notre ère) et d’Andronicos (1er s. avant notre ère), il a préparé une « édition » d’Aristote destinée à devenir un modèle de référence. Dans la tradition latine, le livre Grand Alpha a été accidentellement attribué à Théophraste à cause de la seconde scholie qui suivait la Métaphysique de Théophraste, elle-même placée en introduction à la Métaphysique d’Aristote dans certains manuscrits. Mais la discussion dont témoigne la première scholie a pu également être provoquée dès l’origine par celle que rapporte la seconde scholie : la Métaphysique de Théophraste avait probablement été transmise comme un traité aristotélicien, jusqu’à ce que Nicolas de Damas en restitue la paternité à Théophraste ; par suite, l’authenticité d’autres livres du corpus aristotélicien a pu également être mise en doute, mais parce qu’ils posaient des problèmes d’ordre éditorial, il y a deux millénaires déjà.

« A legacy from the library of the Lyceum? Inquiry into the joint transmission of Theophrastus’ and Aristotle’s Metaphysics based on evidence provided by manuscripts E and J », Harvard Studies in Classical Philology 102, 2004, p. 171-189

L’ordre même des traités transmis par le Parisinus gr. 1853 est, lui aussi, riche d’enseignement, pourvu que l’on accorde plus de crédit aux compétences de ses scribes qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. La place de la Métaphysique au milieu des traités zoologiques a toujours été imputée à une absence de plan « éditorial » : les scribes auraient complété le second volume avec les traités qu’ils avaient sous la main. De même, la Métaphysique de Théophraste, longtemps considérée comme une sorte d’introduction à la Métaphysique d’Aristote, se trouve après le traité d’Aristote, et non pas avant comme dans le manuscrit un peu plus ancien de Vienne (le Vindobonensis phil. gr. 100, du IXe siècle). Pourtant, des études plus récentes (de Daniel Devereux et de Glenn W. Most) ont montré que le texte de Théophraste soulève des problèmes que suscite notamment le livre Lambda de la Métaphysique d’Aristote, et qu’en outre, Aristote semble avoir apporté une réponse à ces problèmes dans deux de ses traités zoologiques : le De partibus animalium et le De generatione animalium. Or, nous trouvons ces traités dans le manuscrit parisien pratiquement à la suite de la Métaphysique d’Aristote : après l’opuscule de Théophraste et un autre traité que l’on attribue également à ce dernier, le De coloribus. Il est vrai que le manuscrit parisien a été amputé et que le De generatione animalium a été ajouté par une main plus récente. Mais il n’est pas invraisemblable que la fin du manuscrit ait été recopiée d’après son état originel. En tout cas, bien que légèrement plus ancien, le manuscrit de Vienne qui présente la Métaphysique de Théophraste en introduction à la Métaphysique d’Aristote résulte vraisemblablement d’une réorganisation « éditoriale » des traités. Au contraire, les scribes du Parisinus gr. 1853 semblent avoir scrupuleusement reproduit l’ordre des traités qu’ils ont trouvé dans leur modèle le plus important et sans doute le plus ancien. Cet ordre pourrait témoigner d’un état de la bibliothèque du Lycée où le corpus était encore en cours d’élaboration, incluant la contribution des disciples aux travaux du maître, et présentant à leur suite les réponses apportées par Aristote dans de nouveaux travaux.