Helene Hoblingre

Maitresse de conférences
CNU : SECTION 70 - SCIENCES DE L'EDUCATION
  • Laboratoire / équipe
  • Domaines de recherche

    Développement professionnel, empowerment professionnel, dispositif, identité numérique, mise en scène professionnelle de soi, accompagnement professionnel, insertion professionnelle, pratiques numériques, protection des données personnelles, privacy paradox, digital labor

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Helene Hoblingre

Maitresse de conférences

Axes de recherche

Au travers de mes différents travaux de recherche, je tente de comprendre comment les dispositifs peuvent permettre aux individus de développer leur pouvoir d’agir. Abordant les dispositifs comme des instruments au service de l’empowerment professionnel, je m’intéresse aussi bien aux dispositifs de formation, d’insertion, de réorientation, qu'ils soient numériques ou non numériques. Pour ce faire, j’ai abordé différents terrains de recherche. Chacun m’a permis d’approcher un dispositif spécifique, s’adressant à une population particulière, et d’appréhender l’empowerment dans une dimension nouvelle.

Dans un premier temps, j’ai pris pour terrain de recherche les Associations intermédiaires (AI). Elles constituent en effet des dispositifs au service de l’insertion socioprofessionnelle pour les publics peu qualifiés et les chômeur de longue durée. Au travers de mes recherches, j'ai montré qu'un conflit de priorité entre travail et insertion peut exister pour les bénéficiaires des AI, et que le dispositif est bien souvent détourné de sa fonction initiale. Différentes explications peuvent être évoquées : l’organisation du travail et de la formation, la précarité, l’isolement géographique et les représentations subjectives de l’insertion.

Dans le prolongement de ce travail, je me suis approchée quelques années plus tard d’un autre dispositif, cette fois numérique, mais constituant également un instrument de mise en œuvre des politiques de l’emploi. Il s’agit de la plateforme Emploi store, développée par Pôle emploi suite à l’ouverture de ses données en 2015. J’ai comparé les effets d’Emploi store aux objectifs de la loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel, promulguée en 2018, une loi qui a trait à l’empowerment professionnel. En effet, pouvoir « choisir » son avenir professionnel constitue une forme de « pouvoir d’agir ». Cette recherche exploratoire a pour l’instant montré que la complexité du dispositif Emploi store peut constituer un frein à son utilisation par les citoyens. En même temps, Emploi store est pourrait révolutionner les pratiques d’accompagnement des conseillers en insertion. Ces derniers peuvent désormais s’appuyer sur ce dispositif pour accompagner l’aide à la décision des demandeurs d’emploi.

Les réseaux sociaux numériques professionnels (RSNP) ont constitué un autre terrain de recherche sur lequel j’ai travaillé pendant plusieurs années. En tant que dispositifs socio-techniques, les RSNP soulèvent des questions relatives à la mise en scène et à la construction d’une identité professionnelle, lesquelles participent de l’empowerment. Mes recherches m’ont déjà permis de montrer qu’un clivage peut exister entre l’utilisation de ces réseaux pour l’e-réputation des entreprises et leur utilisation pour l’empowerment de leurs salariés.

Par ailleurs, j'ai étudié les effets des dispositifs de formation universitaire sur un empowerment numérique spécifique : protéger ses données personnelles. Pour ce faire, j’ai comparé les pratiques, les connaissances, les représentations des étudiants en Sciences humaines et sociales avec celles des étudiants en Sciences de l’information. Les données collectées tendent à montrer que la formation universitaire, même lorsqu’elle permet effectivement aux étudiants d’acquérir une culture numérique, ne peut entièrement compenser les habitudes de navigation et le conditionnement généré par les interfaces et leur design. La formation, lorsqu’elle génère des connaissances épistémiques, ne génère donc pas nécessairement une transformation « en actes ». Ces résultats questionnent les effets « transformateurs » des apprentissages dispensés dans le cadre des cours de culture numérique, et leur propension à développer le pouvoir d’agir des apprenants sur l’espace numérique.