Elliot Adam
Axes de recherche
Les axes de ma recherche s'inscrivent à la croisée des deux démarches méthodologiques structurant ma spécialisation dans l’étude des arts de la couleur produits au nord des Alpes à la fin du Moyen Âge, et plus particulièrement dans la France et les anciens Pays-Bas du XVe siècle. D’une part, il s’agit d’analyser les modalités du choix des matières, des couleurs et des techniques à partir de l'œuvre, en associant à l’étude des usages et des intentions de l’artiste et de son client, l'apport des études scientifiques et de la lexicographie. D'autre part, il s’agit d’envisager les dynamiques de la production et de la commande artistique à la fin du Moyen Âge dans une géographie physique et mentale ouverte de la France aux anciens Pays-Bas, sans négliger l’Angleterre et le Saint-Empire. Adossée à la considération des documents, l’analyse croisée de l’oeuvre, de son auteur et de leurs lieux de vie successifs permet de reconstituer les identités et les réseaux d'échanges et d’éclairer les modalités de définition et de diffusion des savoirs faires. Souvent structurées par l'étude d'objets communs, ces deux approches intègrent de façon transversale l'apport des humanités numériques, depuis l'acquisition et la gestion des données jusqu'à leur visualisation.
Axe 1. L'or et ses usages à la croisée des arts de la période gothique (1300-1520)
Dans la perspective d'un projet d'exposition en lien avec le programme AORUM (Analyse de l'Or et de ses Usages comme Matériau pictural), ce premier axe de mes recherches analyse l’or comme un matériau qui, dans la production et la commande artistique de la fin du Moyen Âge, s'inscrit à la confluence des métiers des arts figurés et des arts précieux. Qu’il soit massif, appliqué en feuille à la mixtion ou à la détrempe, en coquille au pinceau, ou bien en filés dans la broderie et la tapisserie, l’or est un métal dont l’usage cristallise dès le XIVe siècle les phénomènes d’émulation et d’intermédialité entre les arts de la couleur et les arts précieux, relations que corroborent les liens familiaux et confraternels unissant peintres et orfèvres. Dans la peinture de besogne et d’étoffe comme dans la broderie, l’enluminure, l’orfèvrerie ou la tapisserie, l'étude matérielle des dorures suggère que les artistes et leurs clients étaient plus conscients que nous ne le sommes aujourd'hui des propriétés optiques de l’or, dont la réaction à la lumière dépend en effet de l’application et de la finition de la feuille métallique. Au-delà des connotations de pouvoir et de luxe dont il est investi de longue date, l’or encourage ainsi de la part des artistes une réflexion sur la brillance ou la matité de leur oeuvre, principe qui transparaît dans la mise en oeuvre conjointe de différentes techniques de dorure pour moduler, opposer ou hiérarchiser les effets optiques.
Axe 2. « Pourtraire ». La pratique et le goût du dessin au nord des Alpes (1300-1520)
Axe 3. La circulation des œuvres d'art entre France et anciens Pays-Bas (1460-1520)
Axe 4. Les documents de la commande artistique au nord des Alpes (1250-1500)
Responsabilités scientifiques
Membre du projet RENLOR (REconstruction Numérique des effets de la Lumière sur l'OR), PEPR ICCARE-LAB (depuis 2026).
Membre du projet ANR AORUM (Analyse de l'OR et de ses Usages comme Matériau pictural), INHA (depuis 2024).
Membre du comité scientifique du Recensement de la peinture produite en France au XVIe siècle, INHA (depuis 2025).