Sébastien Anthérieu

Maître de conférences-HDR - Toxicologie
CNU : SECTION 86 - SCIENCES DU MÉDICAMENT ET DES AUTRES PRODUITS DE SANTÉ
    03 20 96 40 33 ou 03 20 62 68 18
Faculté de Pharmacie, Département de Toxicologie et Santé Publique, 1er étage Aile Ouest
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Sébastien Anthérieu

Maître de conférences-HDR - Toxicologie

Axes de recherche

Etude de la toxicité pulmonaire des émissions de cigarette électronique et de tabac chauffé

Le tabagisme constitue un problème majeur de santé publique puisqu’il est responsable de près de 8 millions de morts par an dans le monde (OMS, 2019). En particulier, la consommation de cigarettes est à l’origine de 90% des cancers du poumon et représente le facteur de risque le plus important pour la bronchopneumopathie chronique obstructive et les maladies cardiovasculaires, constituant ainsi la première cause de mortalité évitable. Le sevrage tabagique est aujourd’hui le seul moyen efficace de ralentir la progression des maladies liées au tabac. Parmi les substituts à la cigarette conventionnelle, il existe de nouveaux dispositifs tels que la cigarette électronique ou plus récemment le tabac chauffé. Cependant l’innocuité de ces systèmes n’a pas encore été complètement établie et les effets à long terme restent inconnus.

C’est dans ce contexte que notre équipe de recherche a développé depuis 2014 des recherches pour étudier la toxicité de ces produits avec trois objectifs principaux :

(i)      Caractériser la composition chimique des aérosols d’e-cigarette et de tabac chauffé (nicotine, composés carbonylés, HAP, métaux, nitrosamines…)

(ii)    Etudier l’impact cellulaire et moléculaire de ces émissions dans des cellules épithéliales bronchiques humaines (inflammation, stress oxydant, génotoxicité, modifications épigénétiques, analyses transcriptomiques)

(iii)   Evaluer la pathogénicité de ces émissions sur le plus long terme à l’aide de modèles murins

 

Au total, nos recherches devraient apporter de meilleures connaissances des mécanismes cellulaires et moléculaires de toxicité de l’e-cigarette et du tabac chauffé par rapport à la cigarette conventionnelle et ainsi fournir des moyens supplémentaires pour le développement de politiques de santé publique contribuant à la réduction du tabagisme.

Doctorants


-          Romain Dusautoir (Thèse soutenue le 27/01/2021) : Impact respiratoire des systèmes électroniques de délivrance de nicotine. Direction : Dr JM Lo Guidice et Dr S Anthérieu

 

-          Marie Lenski (en 3ème année de thèse) : Développement et application d’une approche de métabolomique ciblée pour l’identification de biomarqueurs précoces de toxicité des aérocontaminants émergents. Direction : Pr D Allorge et Dr S Anthérieu

 

-          Gianni Zarcone (en 1ère année de thèse) : Etude des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la pathogénicité pulmonaire des émissions de tabac chauffé. Direction : Dr S Anthérieu

Etude de la pathogénicité pulmonaire de la pollution particulaire fine et ultrafine

La pollution de l’air représente désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. En effet, de nombreuses études épidémiologiques montrent que l’augmentation de la pollution atmosphérique peut être corrélée à un risque accru de morbidité et de mortalité liées à des maladies respiratoires telles que l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive ou le cancer du poumon. Les polluants atmosphériques sont constitués en particulier de « matières particulaires » (PM), issues de processus de combustion d’énergie fossile (trafic automobile, chauffage, activités industrielles) ou de poussières détritiques. Après leur émission dans l’atmosphère, les particules interagissent entre elles ainsi qu’avec des gaz (O3, SO2, CO, NOx), des composés organiques volatils (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou des métaux. Au-delà de leur composition chimique, la granulométrie des PM joue également un rôle prépondérant dans leur toxicité puisqu’elle va conditionner leur capacité de pénétration et de rétention dans l’appareil respiratoire.

 

Malgré de nombreuses études épidémiologiques montrant les effets délétères sur la santé des PM, leur mode d’action et les processus physiologiques qu’elles engendrent dans l’organisme sont encore peu connus, notamment concernant les particules ultrafines.

 

 

Les principaux objectifs de nos projets de recherche sont de :

 

(i)                  caractériser la composition physicochimique des particules,

(ii)                mesurer la génération de stress oxydant et d’inflammation pulmonaire après une exposition à ces particules en utilisant des modèles in vitro et in vivo,

(iii)              déterminer leur potentiel génotoxique et leur impact éventuel sur l’épigénome,

(iv)              rechercher et d’identifier à l’aide d’analyses transcriptomiques (ARNm et microARN) des biomarqueurs ou des voies de signalisation associés à la toxicité de ces polluants.