Zoe Grumberg
Axes de recherche
Axes de recherches
- Sociohistoire de l’engagement politique, des mouvements sociaux et des identités politiques
- Histoire des mondes juifs contemporains
- Histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la sortie de guerre, des génocides et des violences de masse au XXe siècle
- Histoire de la prise en charge des enfants pendant et après la Shoah
- Histoire et sociologie des mémoires individuelles et collectives
- Sociohistoire des migrations
Projet en cours
La politisation des enfants après la Seconde Guerre mondiale et ses incidences biographiques et intergénérationnelles
Mon nouveau projet de recherche porte sur la politisation des enfants et sur ses incidences biographiques et intergénérationnelles, à travers le cas des enfants juifs après la Seconde Guerre mondiale.
- Je réfléchis, d'une part, à la transmission intergénérationnelle du politique et de la mémoire dans des familles de Résistants en France, Belgique et Luxembourg et à ses répercussions politiques et sociales sur le temps long.
- Je m'intéresse, d'autre part, aux enfants orphelins et non-accompagnés pris en charge dans des organisations collectives en Europe occidentale. Certaines appartiennent à des mouvements sociaux et politiques de natures et orientations politiques variées (communisme, sionisme, bundisme notamment), d'autres se présentent comme neutres. Mais, qu'elles se revendiquent du politique ou non, toutes ces organisations relèvent du politique dans la mesure où leur objectif est non seulement social et humanitaire mais vise aussi à forger les citoyens et le monde juif de demain. Mais y parviennent-elles ? Que deviennent les enfants qu'elles ont pris en charge ? Que transmettent-ils, à leur tour, à leurs enfants et petits-enfants ? Ce projet, pensé dans un cadre européen en raison des circulations d'individus, de pratiques et d'idées pédagogiques et politiques, est plus spécifiquement centré sur les enfants pris en charge en France et en Belgique après-guerre. Ces deux pays d’accueil et de transit voient en effet passer des enfants et des éducateurs et éducatrices originaires de toute l’Europe et socialisés initialement dans des pays différents puis, pour certains, dans les camps de personnes déplacées en Allemagne, Autriche et Italie avant d’arriver en France et Belgique.
Cette recherche s'appuie sur des sources de nature diverse, émanant d’acteurs différents et produites à plusieurs époques. Une place centrale est accordée à des archives qui sont encore trop souvent considérées comme des archives mineures, notamment les témoignages oraux (a posteriori) des enfants et des jeunes concernés et des archives familiales et privées inédites, recueillies lors de l’enquête orale. L’usage de ces sources tient à ma volonté de redonner une voix et une capacité d’agir aux individus, enfants comme adultes. Cette démarche d’enquête me conduit à interroger ma positionnalité et mon rapport aux témoins.
Thèse de doctorat
Militer en minorité ? Le « secteur juif » du Parti communiste français de la Libération à la fin des années cinquante
Ma thèse de doctorat, soutenue en décembre 2020 et publiée en juin 2025 aux Presses Universitaires de Rennes, portait sur le « secteur juif » du Parti communiste français (PCF) entre la Libération et la fin des années cinquante et sur ses militantes et militants, des Juifs yiddishophones originaires d'Europe orientale. À partir de sources de natures variées (archives associatives, politiques et administratives, archives privées, mémoires et témoignages, entretiens oraux avec des enfants de militants et militants) récoltées en France, en Belgique, en Pologne et aux États-Unis, en raison de la dimension transnationale des trajectoires militantes, cette thèse proposait trois questionnements principaux. Elle interrogeait, d’une part, le rôle de l’engagement politique et du PCF dans l’intégration des immigrés et des minorités en France et plus particulièrement dans la réintégration des Juifs après la Shoah. Elle étudiait, d'autre part, la reconstruction de la vie juive après la Shoah et le rôle joué par les Juifs communistes. La troisième partie de la thèse, appuyée sur les sciences sociales du politique et notamment la sociologie des mouvements sociaux, s'intéressait aux identités collectives et sociales des Juifs communistes yiddishophones sur le temps long et à leur impact sur l’engagement politique (et le désengagement). Elle questionnait la capacité des Juifs communistes à concilier le communisme et la défense des Juifs, dans la France républicaine et universaliste de l’après-guerre et, surtout, dans le contexte de la guerre froide et de l'antisémitisme stalinien. Ainsi, à travers un groupe spécifique et une époque particulière, cette thèse et le livre en étant tiré aspirent à participer de manière nuancée à des réflexions très actuelles, et souvent caricaturales, sur la place des minorités et des immigrés en France et sur leur rapport au politique.