Mathis Bachelot
- Faculté des sciences économiques sociales et des territoires
- FASEST - Institut Sci. Eco. Management
Présentation
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Je suis doctorant en 4ème année et ATER en économie à l'Université de Lille. Le 16 octobre 2026, je soutiendrai la thèse suivante :
« Vers une transition juste ? Transition écologique, qualité de l'emploi et inégalités sur le marché du travail en France »
sous la direction de Mathilde Guergoat-Larivière (Clersé, Université de Lille) et Antoine Rebérioux (Ladyss, Université Paris Cité)
Résumé :
Cette thèse s’intéresse aux liens entre transition écologique et emploi, et plus particulièrement aux transformations de la structure et de la qualité de l’emploi français dans ce contexte. Elle analyse les possibles tendances inégalitaires à l’œuvre sur le marché du travail du fait de la transition écologique, éclairant ainsi les défis à relever pour garantir une transition juste. À cette fin, elle s’inscrit dans une perspective d’économie institutionnaliste et adopte une démarche empirique fondée sur l’exploitation quantitative de plusieurs enquêtes représentatives.
Pour appréhender les liens entre transition écologique et emploi, un concept central de la littérature est mobilisé : l’emploi vert. Les deux premiers chapitres en proposent une lecture critique, tant sur le plan conceptuel que méthodologique. Le premier chapitre passe en revue les différentes définitions de ce concept ainsi que ses usages, mettant en évidence ses ancrages théoriques et ses implications politiques. Le deuxième chapitre présente en détail les méthodes utilisées pour identifier – en pratique – les emplois verts et, ce faisant, pointe les limites des adaptations qui ont été faites de l’approche la plus utilisée dans la littérature, à savoir celle états-unienne d’O*NET.
Au regard de ces limites, et afin d’apporter des éléments de réponse au questionnement initial, cette thèse mobilise d’autres définitions de l’emploi vert. Le troisième chapitre s’appuie sur la définition française de l’Onemev et applique des techniques de régression et de classification à l’Enquête Emploi pour analyser la qualité des emplois verts, testant empiriquement la réalité du discours sur les « good green jobs ». Le quatrième chapitre utilise quant à lui une auto-déclaration issue du Baromètre Écologie Environnement. À l’aide de techniques de régression, il examine la possible influence des pratiques écologiques au travail sur le verdissement des pratiques hors du travail. En se penchant sur la qualité (multidimensionnelle) des emplois verts ainsi que sur leur potentiel de débordement au-delà de la seule sphère professionnelle, cette thèse contribue au développement d’une socio-économie de l’emploi et du travail dans la transition écologique.
Le cinquième et dernier chapitre étudie les éco-innovations (ou innovations environnementales) afin d’appréhender les liens entre transition écologique et emploi sous un autre angle. En appliquant une méthode microéconométrique de doubles différences à l’Enquête Communautaire sur l’Innovation (couplée à des données administratives sur l’emploi), ce chapitre évalue l’effet des éco-innovations sur la structure et la qualité de l’emploi des entreprises qui les adoptent.
Au-delà des apports théoriques et méthodologiques relatifs au concept d’emploi vert, les résultats empiriques de cette thèse convergent vers le constat d’une faible valorisation des emplois liés à la transition écologique, en particulier pour les emplois peu qualifiés, qui connaissent à la fois une dynamique et une qualité de l’emploi moins favorables. Ce diagnostic rappelle que « les emplois [de la transition] seront faits “décents” par construction et non par défaut » (106ème session de la Conférence Internationale du Travail, 2017).