Maîtresse de conférences à l'Université Lille 3 depuis 2017, mon travail de recherche se situe à l’interface entre une histoire de l’individu et de l’intime et une histoire de la prise en charge collective de populations marginalisées.

Ma thèse, consacrée aux soldats internés dans les hôpitaux psychiatriques entre 1914 et les années 1980, poursuivait deux objectifs. Le premier était de prendre l’asile d’aliénés pour terrain d’étude et d’analyser les trajectoires des poilus atteints de maladies mentales afin d'éclairer l’expérience intime de la guerre et des souffrances endurées par les soldats. Le second était d’évaluer l’impact des années de guerre sur l’évolution de l’assistance psychiatrique et donc de réfléchir, sur le temps long, au rôle du conflit dans les transformations des dispositifs institutionnels.

Le projet qui m'occupe aujourd'hui concerne le développement d'alternatives au modèle asilaire défini par la loi du 30 juin 1838. En m'intéressant à différentes expériences pionnières conduites dès la fin du XIXe siècle, je m'attache à montrer que l’assistance psychiatrique et l'expérience de la folie en France ne se sont jamais résumées à l’internement dans un asile. 

Je participe dans le cadre de cette recherche à plusieurs enquêtes collectives, notamment au projet sur les micropénalités en institutions en Europe piloté par Elsa Génard (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre d’histoire du XIXe siècle) et Mathilde Rossigneux-Méheust (Lyon 2, LARHRA), ainsi qu'au projet "Politiques du psychique. L'hygiène mentale en Europe au XXe siècle" dirigé par Grégory Dufaud (IEP de Lyon, LARHRA) et Nicolas Henckes (CNRS - Cermes3).

Dernières actualités