Maîtresse de conférences à l'Université de Lille depuis 2017, mon travail de recherche se situe à l’interface entre une histoire de l’individu et de l’intime et une histoire de la prise en charge collective de populations marginalisées. Ma thèse était consacrée aux soldats internés dans les hôpitaux psychiatriques entre 1914 et les années 1980. Actuellement, mes recherches portent sur : 

- la déshospitalisation psychiatrique aux XIXe et XXe siècles et le signalement pour troubles mentaux : je me suis d'abord intéressée au développement d'alternatives à l'internement dans un asile d'aliénés. Mes travaux se sont notamment concentrés sur deux expériences pionnières conduites dès la fin du XIXe siècle (les colonies familiales d'aliéné.es créées dans l'Allier et le Cher ; la clinique psychiatrique départementale d'Esquermes ouverte à Lille). Je poursuis ce travail à travers l'étude d'une procédure méconnue : le signalement pour troubles mentaux. Cette recherche est conduite avec une équipe pluridiciplinaire d'une dizaine de chercheuses et de chercheurs, elle a reçu le soutien de la MESHS Lille Nord de France et de l'ANR (programme JCJC).

- les relations entre polices et psychiatrie : en parallèle de ce projet collectif sur le signalement pour troubles mentaux, je m'intéresse, dans le cadre de ma délégation à l'Institut universitaire de France, au rôle des forces de l’ordre face aux désordres psychiques, depuis la création de la « police des aliénés » à Paris à la fin du XIXe siècle jusqu’à la transformation des modes de placement à l’hôpital psychiatrique en 1990. 

la santé mentale des personnes âgées : cette enquête s'est d'abord inscrite dans un projet international et pluridisciplinaire, « Vulnérabilités, intégration et expériences de la vieillesse, XIXe -XXIe siècles», co-porté avec Claire Barillé (Université de Lille, IRHiS) et Mathilde Rossigneux-Méheust (Université Lumière Lyon 2, LARHRA) et financé par la MESHS Lille-Nord de France. Avec Mathilde Rossigneux-Méheust, j'ai écrit un livre sur le sujet : Dernières folies. Vieillesse et santé mentale, XIX - XXe siècle, Paris, Le Seuil, 2026.

- les traumatismes de guerre : au sein du projet ANR Ruines portée par Stéphane Michonneau (Université de Lille, IRHiS) et en collaboration avec ma collègue Fanny Le Bonhomme (Université de Poitiers, CRIHAM), l’hôpital Esquirol à Limoges et le Centre de la mémoire d’Oradour, j'ai réalisé une recherche sur les répercussions psychiques à court, moyen et long terme du massacre du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.

 

 

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