Lisa Arnaud
Axes de recherche
La température en image : chaleur, froid et sensations dans la production artistique française du XVIIIe siècle (1709-1811)
Le Grand Hiver de 1709, événement climatique majeur qui marqua durablement les sensibilités, constitue un point d’ancrage pour interroger la manière dont les variations thermiques façonnent les imaginaires et les représentations. Cette thèse propose d’analyser comment la thermoception, c’est-à-dire la perception du chaud et du froid, est représentée, suggérée ou imaginée dans l’art français du XVIIIᵉ siècle.
Trois axes structurent cette recherche : l’étude des stratégies plastiques et iconographiques employées pour évoquer la température ; la mise en relation de ces représentations avec les réalités climatiques, matérielles et culturelles de l’époque ; enfin, l’analyse de la dimension sociale et politique du confort thermique, révélatrice d’inégalités et de vulnérabilités.
Si la question de la température a déjà été abordée par les historiens, notamment sous l’angle des variations climatiques, les représentations artistiques du chaud et du froid restent encore marginales dans la recherche. Or, à l’heure où le changement climatique reconfigure notre rapport à la météo et à la température, étudier ces notions dans les œuvres du XVIIIᵉ siècle offre un regard neuf sur la sensibilité et la matérialité du monde artistique de cette période. Cette thèse vise à interroger de manière transversale les représentations du chaud et du froid dans un corpus élargi incluant la peinture, la sculpture et les arts graphiques. Il s’agit également de croiser les représentations avec les arts décoratifs. Le corpus est mis en regard avec des écrits et recherches scientifiques de l’époque afin de renouveler l’approche de l’art du XVIIIᵉ siècle en articulant représentations, climat et société.