Juan Zapata
Présentation
Composantes, facultés
Dernières actualités
PUBLICATIONS
Ouvrages en tant qu’auteur
[1] Juan Zapata, Baudelaire. El heroísmo del vencido, Bogotá, Luna /Laguna libros, 2021.
Cet ouvrage propose une relecture de Baudelaire à partir de la figure du vaincu. En croisant l’histoire littéraire, la sociologie de la littérature et l’analyse poétique, il montre que le mal, le châtiment et le dandysme ne relèvent ni d’une simple posture esthétique ni d’un drame intérieur, mais d’une stratégie critique par laquelle Baudelaire fait de la figure du vaincu un point d’observation privilégié pour interroger les certitudes des vainqueurs et les illusions du progrès. Il met ainsi en évidence la dimension morale, politique et anthropologique de son œuvre et fait apparaître que sa modernité poétique repose sur trois engrenages complémentaires : le « vagabondage littéraire », qui fait de l’errance un mode de connaissance ; la « sainte prostitution de l’âme », qui fonde une éthique de l’empathie et de la disponibilité à autrui ; et le travestissement littéraire, qui fait du masque un instrument de dévoilement critique. Cette lecture renouvelle l’interprétation de Baudelaire en faisant de la figure du vaincu une clé d’intelligibilité majeure de sa poétique et de sa critique de la modernité.
[2] Juan Zapata, Baudelaire. L’héroïsme du vaincu, Lille, Presses universitaires du Septentrion, à paraître (2027).
Traduction française, entièrement revue et augmentée, de Baudelaire. El heroísmo del vencido. Cette nouvelle édition intègre les développements issus des recherches menées depuis la première publication et rend accessible au public francophone une relecture de Baudelaire fondée sur la figure du vaincu comme principe d’intelligibilité de la modernité baudelairienne.
Ouvrages dirigés
[3] Aina Pérez Fontedevila, Juan Zapata (éd.), Autorías encarnadas. Representaciones mediáticas del escritor/a, Madrid, Visor, 2022.
Cet ouvrage collectif interroge les représentations médiatiques de l’écrivain à travers les divers supports médiatiques qui, de l’apparition de la presse moderne à l’essor des médias audiovisuels et numériques, ont contribué à construire sa figure publique. En croisant histoire culturelle, sociologie de la littérature et études médiatiques, il analyse les processus de construction, de visibilisation et de légitimation de l’auteur dans un espace culturel de plus en plus large. Il montre que l’écrivain ne peut plus être envisagé uniquement comme un produit de l’institution littéraire, mais comme une figure construite par une pluralité de discours, de pratiques et de représentations généralement considérés comme extérieurs à la littérature. L’ouvrage souligne le rôle décisif des supports médiatiques dans les processus de spectacularisation et de patrimonialisation de l’écrivain.
[4] Juan Zapata (éd.), Baudelaire : de la bohemia a la modernidad literaria, Bogotá, Editorial Filomena, 2021 (1er éd. 2017).
Cet ouvrage collectif réunit des contributions de plusieurs spécialistes internationaux consacrées à l’œuvre de Charles Baudelaire. En croisant histoire littéraire, sociologie de la littérature et analyse poétique, il propose un parcours critique organisé autour de trois axes : la formation du premier Baudelaire, les transformations de son œuvre tardive et sa réception dans le monde hispanique. Ce parcours explore notamment la presse et ses réseaux de sociabilité, la constitution de la bohème, les pratiques d’écriture constitutives de la modernité littéraire, ainsi que les traductions et les appropriations de Baudelaire en Espagne et en Amérique hispanique. Il contribue au renouvellement des études baudelairiennes et à leur diffusion dans le champ académique hispanophone.
[5] Juan Zapata (éd.), La invención del autor. Nuevas aproximaciones al estudio sociológico y discursivo de la figura autorial,Medellín, Editorial Universidad de Antioquia, 2014.
Cet ouvrage collectif introduit dans le champ académique hispanophone les principaux renouvellements théoriques consacrés à l’étude de la figure de l’auteur et de l’auctorialité. En réunissant les travaux de plusieurs chercheurs qui ont contribué à élaborer ce champ de recherche, il constitue un cadre théorique et méthodologique commun, fondé sur le dialogue entre l’analyse du discours, la sociologie de la littérature et l’histoire culturelle. Il diffuse des notions désormais centrales telles qu’image d’auteur, posture auctoriale, éthos prédiscursif ou encore écrivain imaginaire. Organisé en cinq parties, il conduit des fondements théoriques et historiques de la notion d’auteur à l’analyse de ses représentations dans les littératures française et colombienne. Il constitue l’une des premières synthèses en langue espagnole consacrées à ce domaine de recherche et a contribué à son institutionnalisation dans le champ académique hispanophone.
Éditions scientifiques
[6] Alain Vaillant, Hacia una poética histórica de la comunicación literaria (traduction, préface et édition scientifique de Juan Zapata), Medellín, Editorial Universidad de Antioquia, 2022.
Cette édition scientifique introduit dans l’espace académique hispano-américain les principaux fondements théoriques élaborés par Alain Vaillant pour une histoire de la communication littéraire. Elle réunit treize articles organisés en cinq axes de recherche — histoire littéraire, presse et littérature, auteur : l’homme précaire de la littérature, subjectivation littéraire et poétique historique des formes littéraires — qui offrent une synthèse de son approche méthodologique. Elle met ainsi à la disposition du lectorat hispanophone un ensemble de textes jusqu’alors inédits en espagnol et contribue à la diffusion de la poétique historique de la communication littéraire dans le champ académique hispano-américain.
Dossiers monographiques en tant que directeur ou co-directeur
[7] Paula Andrea Marín, Juan Zapata (éd.), dossier monographique « La internacionalización de la literatura colombiana e intermediarios de visibilidad », Revista Thesaurus, Instituto Caro y Cuervo, vol. 63-1, 2024.
Ce dossier monographique rassemble des contributions issues du projet de recherche La internacionalización de escritores y escritoras colombianas a partir de la década de 1990 : editoriales, crítica, premios y eventos como intermediarios de visibilidad. Les articles analysent le rôle des intermédiaires de visibilité dans les processus d’internationalisation de la littérature colombienne depuis les années 1990, en portant une attention particulière aux festivals, aux prix littéraires, aux maisons d’édition, à la critique, aux traducteur·rice·s, aux agent·e·s littéraires et aux éditeur·rice·s. Ils analysent ainsi les mécanismes de circulation, de légitimation et de consécration internationale des écrivain·e·s colombien·ne·s et mettent en évidence le rôle déterminant des intermédiaires de visibilité dans ces processus.
Chapitres d’ouvrage
[8] Juan Zapata, « Exploring the ‘Intersectional I’ in Transgender Autobiography” », dans Teresa Hiergeist, Stephanie Mayer, Margot Lachkar (éd), Queer and Feminist Relationships in Contemporary Fiction. Concepts, Practices, and Aesthetics in Roman Cultures, Bielefeld, Transcript Verlang, coll. « Queer Studies », 2024, p. 189-203.
Cet article s’inscrit dans les recherches consacrées à la dimension performative de l’autobiographie transgenre et examine l’hypothèse selon laquelle ses premières formes relèvent davantage de la performance que de l’écriture. À partir d’une étude de cas consacrée à Carnes Tolendas : retrato escénico de una travesti de Camila Sosa, il introduit la notion de Je intersectionnel afin de penser l’articulation entre genre, classe et corporéité dans la performance du récit de soi. Il montre ainsi comment cette notion invite à repenser l’histoire de l’autobiographie trans au-delà d’une conception exclusivement littéraire des récits autobiographiques.
[9] Juan Zapata, « El peregrinaje literario a la capital francesa : el caso de Enrique Gómez Carrillo », dans Aina Pérez Fontedevila, Juan Zapata (éd.), Autorías encarnadas. Representaciones mediáticas del escritor/a, Madrid, Visor, 2022, p. 329-345.
Cet article propose une lecture transnationale du pèlerinage littéraire en examinant le rôle des écrivains latino-américains dans la construction du mythe de Paris comme capitale mondiale de la littérature. En prolongeant les travaux d’Olivier Nora sur la visite au grand écrivain et le culte du patrimoine littéraire français, il analyse, à partir du cas d’Enrique Gómez Carrillo — premier écrivain latino-américain à avoir relaté sa rencontre avec les maîtres du symbolisme et du décadentisme —, la manière dont les écrivains étrangers ont participé aux processus de patrimonialisation de la littérature française. Il montre ainsi que ces pèlerinages littéraires ont contribué à la fabrication, à la légitimation et à la perpétuation du mythe de Paris comme capitale mondiale de la littérature.
[10] Juan Zapata, « Baudelaire : el jovial mistificador de la prensa literaria y artística », dans Juan Zapata (éd.), Baudelaire : de la bohemia a la modernidad literaria, Bogotá, Filomena, 2021, p. 23-47
Cet article examine le rôle de la petite presse dans la formation du premier Baudelaire. À partir de l’étude de ses interventions journalistiques des années 1840, il montre comment cette scène d’énonciation lui permet d’élaborer une esthétique du rire et de la polyphonie, de façonner la posture du dandy mystificateur et de développer un projet de singularisation fondé sur le détournement des poncifs romantiques, notamment ceux de la pauvreté auctoriale, de l’inspiration, du désintéressement et du génie. Il montre enfin que cette expérience inaugurale ne constitue pas un simple moment de jeunesse, mais annonce déjà la critique de l’hypocrisie bourgeoise et de l’idéologie du progrès matériel et scientifique qui traversera l’ensemble de son œuvre.
[11] Juan Zapata, « La noción de postura en el debate académico : desafíos y presupuestos de la nueva teoría del autor » (introduction), dans Jérôme Meizoz, Posturas literarias. Puestas en escena modernas del autor (trad. de Juan Zapata), Bogotá, Editorial Universidad de los Andes, 2015, p. IX-XXXIII.
Cette étude introductive accompagne la première traduction espagnole de Postures littéraires de Jérôme Meizoz et propose une introduction conceptuelle à la notion de posture. Elle en présente les principaux enjeux théoriques, institutionnels et disciplinaires, puis examine son potentiel descriptif et sa spécificité au regard de notions voisines telles que l’éthos, l’image d’auteur et la scénographie auctoriale. Elle analyse enfin le champ lexical et métaphorique associé à la posture afin de montrer comment cette notion articule deux traditions théoriques, l’analyse du discours et la sociologie des champs.
[12] Juan Zapata, « Un poète Maudit en Colombie était-il possible ? : Le cas de José Asunción Silva », dans Pascal Brissette et Marie-Pier Luneau (dir.), Deux siècles de Malédiction littéraire, Liège, Presses Universitaires de Liège, coll. « Situations », 2014, p. 265-276.
Cette étude examine le transfert du mythe du poète maudit dans la scène littéraire colombienne de la fin du XIXᵉ siècle à partir du cas de José Asunción Silva. En analysant ses textes et sa trajectoire transnationale, il montre comment la réappropriation d’une constellation de topoï, de valeurs et de traits posturaux issus de la malédiction littéraire participe au processus d’autonomisation du champ littéraire colombien. Il démontre ainsi que ce transfert contribue à la constitution d’un sous-champ de production restreinte doté de ses propres principes de légitimation, de représentation et de valorisation.
Articles dans des revues scientifiques à comité de lecture
[13] Juan Zapata, « Poétique du vaincu, politiques du désastre. À propos de Baudelaire et Dupont », Conséquence, nº 5, 2025, p. 387-407.
Cet article propose une nouvelle lecture des textes que Baudelaire consacre à Pierre Dupont afin de montrer que l’empathie envers les vaincus joue un rôle décisif dans la genèse de sa poétique de la modernité. À partir d’une lecture croisée des deux articles consacrés au chansonnier socialiste et de plusieurs poèmes de Baudelaire, il met en évidence la manière dont celui-ci réélabore certains topoï déjà présents chez Dupont. Cette confrontation conduit Baudelaire à interroger sa propre pratique poétique, en opposant l’empathie envers la souffrance d’autrui aux impasses d’une esthétique repliée sur le culte de « l’art pour l’art ». Il montre enfin que cette réflexion prépare l’élaboration d’une poétique fondée sur la tension entre empathie, ironie et lucidité, qui trouvera son plein développement dans les Tableaux parisiens et Le Spleen de Paris.
[14] Juan Zapata, « Baudelaire, ou ce goût de l’‘excitation bizarre’ », Quêtes littéraires, Nº 15, 2025, p. 39-54.
Cet article propose une relecture de la théorie baudelairienne de la modernité en montrant comment la notion d’« excitation bizarre » s’articule à d’autres notions fondamentales de la poétique baudelairienne. À partir d’une lecture croisée des poèmes, de la correspondance et des écrits esthétiques, il met en évidence la manière dont cet «état exceptionnel de l’esprit » s’articule progressivement à d’autres notions de la poétique urbaine baudelairienne – le « vagabondage littéraire », la « sainte prostitution de l’âme » et la « vaporisation et centralisation du Moi » – jusqu’à constituer une véritable éthique de la création poétique. Il montre enfin que cette « excitation bizarre », constamment contrebalancée par l’ironie et la réflexivité, permet à Baudelaire d’articuler l’historique et le métaphysique au cœur même de sa théorie de la modernité.
[15] Juan Zapata, « Baudelaire, o la mayéutica de la violencia », Revista Cultural Alma Mater, Universidad de Antioquia, nº 285, 2021, p. 12-23.
Cet article propose une relecture d’« Assommons les pauvres ! » en montrant que la violence allégorique mise en scène dans ce poème relève d’une poétique du travestissement et du masque. À partir d’une lecture croisée des « Foules », des essais esthétiques – « De l’Essence du rire » et « Le Poème du haschisch » – ainsi que des journaux intimes, il reconstitue la manière dont cette poétique se construit progressivement dans l’œuvre de Baudelaire et produit un choc interprétatif destiné à démasquer l’hypocrisie du discours philanthropique bourgeois tout en contraignant le lecteur à interroger ses propres certitudes.Il montre ainsi que le travestissement littéraire constitue l’un des principes organisateurs de la poétique urbaine baudelairienne.
[16] Juan Zapata, « L’importación literaria a finales del siglo XIX en Colombia : el caso José Asunción Silva », Estudios de literatura colombiana, nº 42.1, 2018, p. 13-29.
Cet article propose une relecture des processus d’importation littéraire en Colombie à la fin du XIXᵉ siècle à partir de la trajectoire de José Asunción Silva. En confrontant l’image de Silva comme introducteur du modernisme hispano-américain à l’absence de traces de cette importation dans ses publications, il montre que le transfert des modèles esthétiques européens s’est principalement opéré dans les espaces de sociabilité littéraire, notamment le cénacle, où les pratiques de lecture, de conversation et de mise en scène de soi ont permis l’appropriation et l’incarnation de la posture du dandy décadent. Il montre ainsi que les sociabilités littéraires constituent une médiation essentielle des processus d’importation littéraire, invitant à repenser les modèles traditionnels de circulation internationale des œuvres et des idées.
[17] Juan Zapata, « De culpable a perseguido : el proceso de Las Flores del Mal », Literatura : teoría, historia, crítica, nº 20.1, 2018, p. 167-189.
Cet article propose une relecture du procès des Fleurs du mal en montrant comment Baudelaire transforme progressivement sa condamnation en principe de légitimation littéraire. À partir d’une étude des postures discursives élaborées avant, pendant et après le procès, il analyse les stratégies par lesquelles le poète convertit la sanction judiciaire et l’exclusion morale en signes d’exception littéraire, faisant ainsi de la figure du coupable celle du poète maudit. Il montre enfin que le procès joue un rôle décisif dans la construction de cette posture auctoriale et dans la reconfiguration des modes de légitimation du champ littéraire.
[18] Juan Zapata, « Baudelaire : traductor-auctoritas », Literatura : teoría, historia, crítica, vol. 19, nº 2, 2017, p. 19-50.
Cet article montre comment Baudelaire construit progressivement son auctoritas de traducteur dans la scène littéraire du Second Empire. À travers l’étude des préfaces, des portraits biographiques et des textes critiques qui accompagnent ses traductions d’Edgar Poe, il met en évidence la manière dont le poète investit ces espaces d’énonciation pour légitimer son projet d’importation, construire son identité littéraire et accéder au statut de traducteur-auctoritas. Il montre ainsi que les discours d’escorte jouent un rôle décisif dans les processus de légitimation du traducteur et dans la construction de son auctoritas.
[19] Juan Zapata, « ¿Podemos hablar de una postura de traductor? », Tropelías. Revista de Teoría de la Literatura y Literatura Comparada, n° 24, dossier « La autoría a debate: textualizaciones del cuerpo-corpus », dir. Aina Pérez et Meri Torras, 2016, p. 93-99.
Cet article montre que la notion de posture peut être transposée au champ de la traduction afin de renouveler l’analyse de la figure du traducteur. En mobilisant les apports de la sociologie de la littérature (Jérôme Meizoz) et de l’analyse du discours (Dominique Maingueneau), il élabore un cadre méthodologique permettant d’analyser la manière dont le traducteur construit sa visibilité publique à travers différents espaces d’énonciation où se déploient les stratégies discursives de sa légitimation. Il montre ainsi que la notion de posture constitue un outil heuristique pour analyser les processus de légitimation du traducteur et les différentes figures de la médiation culturelle.
[20] Juan Zapata et Valérie Le Plouhinec, « Les prix de traduction construisent-ils une image régulatrice du traducteur ? », Convergences francophones, vol. 2, nº 1, dossier « Figure(s) du traducteur », 2015, p. 1-17.
Cet article montre que les prix de traduction participent à la construction d’une image régulatrice du traducteur. Fondé sur une enquête menée auprès des jurés et des lauréats des principaux prix français de traduction des quatre dernières années, complétée par l’analyse des dispositifs de sélection et des discours de consécration, il met en évidence la manière dont ces distinctions définissent les critères de reconnaissance et les modèles de légitimité qui structurent le champ de la traduction. Il montre ainsi que les prix de traduction constituent des instances de consécration participant à la régulation symbolique de ce champ.
[21] Juan Zapata, « La postura del pobre encomiable. Hacia la construcción del mito de la maldición literaria », Literatura : teoría, historia, crítica, vol. 17, nº 1, 2015, p. 49-68.
Cet article analyse le rôle joué par Jean-Jacques Rousseau et Nicolas Gilbert dans l’émergence de la posture du « pauvre méritant » et dans la construction du mythe de la malédiction littéraire. En s’appuyant sur les travaux de Jérôme Meizoz et de Pascal Brissette, il montre comment la pauvreté, le malheur et le renoncement aux récompenses mondaines sont progressivement convertis en signes d’indépendance, de vertu et d’excellence littéraire, inaugurant ainsi une nouvelle stratégie de légitimation de l’écrivain. Il met ainsi en évidence la manière dont les transformations du champ littéraire conduisent les écrivains à élaborer de nouvelles formes de visibilité et de légitimation, dont la posture du « pauvre méritant » constitue l’une des premières manifestations.
[22] Juan Zapata, « ¿Cómo analizar la posición del intelectual en Colombia? Presupuestos históricos y metodológicos », Linguística y Literatura, vol. 62, nº 2, 2012, p. 309-325.
Cet article propose un cadre méthodologique pour analyser la trajectoire et les prises de position esthétiques, politiques et économiques des intellectuels colombiens. En faisant dialoguer les approches de Pierre Bourdieu, Jacques Dubois, Pascale Casanova et Rafael Gutiérrez Girardot, il construit un modèle d’analyse fondé sur trois niveaux d’observation : la position de l’intellectuel au sein de l’institution culturelle, celle de cette institution dans le champ du pouvoir et celle de la nation dans l’espace mondial de la production culturelle. Il élabore ainsi une typologie des trajectoires possibles de l’intellectuel colombien à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, mettant en évidence les effets conjoints des rapports de force nationaux et internationaux sur la formation des prises de position littéraires.
[23] Juan Zapata, « Muerte y resurrección del autor : nuevas aproximaciones al estudio sociológico del autor », Lingüística y Literatura, vol. 60, 2011, p. 35-58.
Cet article élabore un modèle d’analyse de la fonction auctoriale fondé sur les principaux renouvellements théoriques qui ont marqué le retour de la figure de l’auteur au cœur des études littéraires. En articulant les apports de la sociologie de la littérature, de l’histoire littéraire et de l’analyse du discours, il introduit la notion de « projet auctorial » comme catégorie permettant d’appréhender, tout au long de la trajectoire d’un écrivain, les stratégies de positionnement, les mises en scène de soi et les processus de légitimation. Il contribue ainsi à structurer un programme de recherche consacré à l’analyse sociologique de la figure de l’auteur et de ses modes d’inscription dans l’institution littéraire.
[24] Juan Zapata, « El concepto de autonomía estética en la obra de T.W. Adorno », Revista Educación Estética, nº 2, 2007, p. 187-203.
Cet article montre que la conception de l’autonomie esthétique élaborée par Theodor W. Adorno, notamment dans Philosophie de la nouvelle musique et les Notes sur la littérature, ne repose pas sur un retrait hors du social, mais constitue au contraire la condition même de la puissance critique de l’œuvre face aux formes d’hétéronomie politique et économique. Il met ainsi en évidence une conception de la création artistique comme instrument de critique sociale qui, en exerçant une force de réfraction sur la société de consommation, contribue à l’émancipation de l’individu face aux formes d’aliénation propres à la société industrialisée
Traductions d’ouvrages
[25] Pascal Brissette, La maldición literaria: del poeta andrajoso al genio desdichado, traduction et préface de Juan Zapata, Bogotá, Fondo de Cultura Económica, 2018.
[26] Jérôme Meizoz, Posturas literarias: puestas en escena modernas del autor, traduction et étude introductive de Juan Zapata, Bogotá, Editorial Universidad de los Andes, 2015.
[27] Jacques Dubois, La institución de la literatura, traduction et préface de Juan Zapata, Medellín, Editorial Universidad de Antioquia, 2014.
Traductions dans des revues scientifiques à comité de lecture
[28] Jacques Dubois, « Albertina, más viva que muerta », traduction de Juan Zapata, Linguística y Literatura, vol. 72, nº 2, 2017, p. 272-287.
[29] Jérôme Meizoz, « “Escribir, es entrar en escena” : la literatura en persona », traduction de Juan Zapata, Estudios. Revista de investigaciones literarias y culturales, nº 42, 2016, p. 253-269.
[30] Alain Vaillant, « Entre persona y personaje : el dilema del autor moderno », traduction de Juan Zapata, Lingüística y Literatura, vol. 60, nº 2, 2011, p. 19-33.
[31] José-Luis Diaz, « La noción de autor (1750-1850) », traduction de Juan Zapata, Literatura : teoría, historia, crítica, vol. 13, nº 2, 2011, p. 209-234.
[32] Denis Saint-Amand y David Vrydaghs, « Introduction : nuevas miradas sobre la notion de illusio », traduction de Juan Zapata, COnTEXTES, nº 4, 2011.
[33] Francis Mus, Karen Vandemeulebroucke, Ben van Humbeeck y Laurence van Nuijs, « Introducción : El estudio de la revistas literarias en Bélgica », traduction de Juan Zapata, COnTEXTES, nº 4, 2008.
Publications dans la presse
Articles
[1] Juan Zapata, « Michel Houellebecq, ¿sexista, islamófobo, reaccionario? », Periódico de la Feria, Medellín, nº 2, 2023, p. 18-20.
[2] Juan Zapata, « Baudelaire, o el gusto por el travestismo literario », El Malpensante, Bogotá, nº 248, 2023.
Entretiens
[3] Juan Zapata, « Entrevista a Jorge Semprún : la moral de la escritura », La Tempestad, nº 58, 2008.
[4] Juan Zapata, « Entrevista a Gianni Vattimo : ‘No soy un teórico de la revolución a todo precio’ », UN periodico, nº 80, 2005.
[5] Juan Zapata, « Entrevista a Antonio Lobo Antunes : ‘Hay que cambiar el arte de la novela’ », La Movida Literaria, nº 2, 2005.
[6] Juan Zapata, « Entrevista a Rafael Gutiérrez Girardot : literatura y sociedad », Literatura : teoría, historia, crítica, nº 6, 2004, p. 357-367.
Comptes rendus
[7] Juan Zapata, « Compte rendu de Autour de Vallès : l’invention du reportage », dossier coordonné par Guillaume Pinson et Marie-Eve Thérenty, n° 40, 2010, COnTEXTES, novembre 2011.
[8] Juan Zapata, « Tras el rastro idílico de Mayo del 68 », Piedepagina, nº1 0, 2006.
[9] Juan Zapata, « Después de la teoría de Terry Eagleton », Piedepagina, nº 7, 2006.
[10] Juan Zapata, « Reflexiones sobre el exilio de Edward Said », Piedepagina, nº 7, 2006.
[11] Juan Zapata, « Rafael Gutiérrez Girardot: Un proscrito de su tierra natal», Numéro, nº 49, 2006.
[12] Juan Zapata, « Segundo libro de crónicas de Antonio Lobo Antunes », Piedepagina, nº 2, 2005.
]13] Juan Zapata, « Mito cincuenta años después: ensayos literarios y culturales », Piedepagina, nº 7, 2005.
[14] Juan Zapata, « La vida misteriosa de los Sueños de Germán Espinosa», Piedepagina, nº 4, 2005.
[15] Juan Zapata, « El puerto calcinado de Andrea Cote », Piedepagina, nº 3, 2005.
[16] Juan Zapata, « Cantar de lejanía de Juan Manuel Roca », Piedepagina, nº 3, 2005.