Elodie Lecuppre

professeure des universités - Histoire médiévale (Fin du Moyen Âge- Première modernité)
CNU : SECTION 21 - HISTOIRE, CIVILISATION, ARCHÉOLOGIE ET ART DES MONDES ANCIENS ET MÉDIÉVAUX
Mardi (9h-10h & 12h-14h), jeudi (9h-10h) et sur rendez-vous.
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Elodie Lecuppre

professeure des universités - Histoire médiévale (Fin du Moyen Âge- Première modernité)

Axes de recherche

Discours et pratiques de l’innovation en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle)

 

Présentée comme un impératif de réussite de nos jours, une véritable panacée universelle, l’innovation a envahi nos institutions, y compris scientifiques, mais cet engouement n’a pas toujours été de mise. Si nous avons hérité d’une culture de l’innovation, les siècles que j'étudie sont ceux d’une culture de la tradition. L’innovation est partout, mais penser la nouveauté dans son contexte d’émergence demeure un véritable défi qui ne peut être relevé qu’en s’appuyant sur une interdisciplinarité active. 

Le projet que je développe actuellement comporte deux volets. L’un, personnel, interroge la culture politique d’une période charnière où penser la nouveauté politique s’impose comme un véritable défi des hommes sous le regard de Dieu. L’autre s’ouvre sur des perspectives plus collectives destinées à saisir l’innovation sous ses formes politiques, économiques et culturelles dans un lieu considéré comme une sorte d’incubateur de l’innovation, quelles que soient les périodes, à savoir la ville. Il s'intitule : Accueillir et stimuler l’innovation dans les villes d’Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle) et conduira à la mise en place d'un groupe de recherche international (CiviNov) .

Communication politique et histoire de la construction étatique à la fin du Moyen Âge


Les recherches sur les idéologies politiques, les techniques de propagande, la circulation des bruits, la place du symbolique dans les discours des princes et de leurs sujets, les moteurs de l’action gouvernementale… sont au cœur de mes travaux depuis de nombreuses années. Dans mon dernier livre, Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne (Belin, 2016), j’ai pu avancer des idées neuves permettant de réinterroger la notion d’ « Etat bourguignon », pour, dans une histoire à hauteur d’homme, privilégier l’expression plus neutre de « Grande Principauté de Bourgogne ». Aujourd’hui cette vaste enquête se poursuit dans le cadre du programme Cultures politiques quotidiennes porté par Christopher Fletcher et grâce au projet D’Auffay que je dirige en collaboration avec Jonathan Dumont (Université de liège) et les Archives départementales du Nord, afin d’éditer le manuscrit du Mémoire de Jean d’Auffay destiné à défendre les droits de Marie de Bourgogne contre les prétentions du roi de France (1477-1478)

https://irhis.univ-lille.fr/recherche/programmes-de-recherche/programmes-en-cours/cultures-politiques-quotidiennes/

https://irhis.univ-lille.fr/recherche/programmes-de-recherche/programmes-en-cours/dauffay/

Monde des villes et villes du monde (1300-1500)

Spécialiste d'histoire urbaine et de la Flandre médiévale, j'oriente actuellement mes recherches vers une histoire comparée empruntant aux pistes suggérées par la world history.

Lorsque Julien Gracq confie les sentiments que Nantes, où il a vécu une partie de sa jeunesse, lui inspire, révélant le rôle de la ville sur ses rêveries et la livrant à son imaginaire, l’écrivain dans La forme d’une ville, a ponctuellement recours à un système de comparaisons, de métaphores, d’analogies qui progressivement donnent forme à la ville. Rapprochée tour à tour de Porto, Caen, Rochefort, Rio, Amsterdam, Stuttgart, Quimper, etc. Nantes s’installe dans un paysage, se façonne, prend du relief, se dote d’une âme dans ces pages où les mots de l’auteur et leur appareillage deviennent la structure d’un urbanisme et d’une urbanité installés dans l’esprit du lecteur par les jeux de l’écriture. Mais comment passer de la forme d’une ville à la forme de la ville ? C’est autour de cette question de l’essence urbaine et grâce à l’histoire comparée que deux projets sont en préparation. L’un concerne l’édition commentée du Journal de Voyage de l’anonyme milanais (v. 1516-1518), l’autre aboutira à un essai sur les villes du monde entre 1300 et 1500.