Mes travaux s’inscrivent en philosophie contemporaine anglo-américaine et concernent notamment l’impact sur cette dernière de la philosophie de Hume, en particulier à propos des thèmes suivants : causalité, identité personnelle, action et motivation, convention, justice.

J’ai développé ces recherches dans des articles et dans l’ouvrage Hume et la philosophie contemporaine (Vrin, 2014), qui poursuit un double objectif. Le premier consiste à mesurer et évaluer la présence et l’importance de Hume à partir des thèmes et des auteurs qui font le plus large écho à la philosophie de Hume, notamment Karl Popper, Nelson  Goodman, Derek Parfit, Bernard Williams, Donald Davidson, David Lewis et John Rawls. Son deuxième objectif consiste à révéler quelles sont les connexions inter-thématiques unissant les différents sujets à propos desquels les philosophes contemporains reprennent, citent, ou discutent Hume. Il s’avère en effet que chez de grands philosophes contemporains comme Lewis, Parfit, Rawls ou Davidson, les questions de justice et de morale, de causalité et d’action, d’identité et d’altruisme, de moralité et de motivation, sont, comme elles l’étaient chez Hume, étroitement liées. Ces différentes connexions entre causalité, action, identité, motivation, morale et justice révèlent ainsi l’existence d’une empreinte humienne sur cette philosophie, en dehors même des thèmes ou arguments que cette dernière tient de Hume ou discute chez lui.

Depuis l’achèvement de cet ouvrage présenté pour l’obtention de mon Habilitation à diriger des recherches en juillet 2011, j’ai entamé un nouveau programme de recherches sur l’imagination en philosophie contemporaine. Ce projet consiste à faire ressortir le rôle de l’imagination dans les explications actuelles de l’identité personnelle, de la délibération, du choix dit « rationnel », de l’action individuelle et collective, de la coordination, du jugement moral, ou encore, dans les expériences de pensée auxquelles cette philosophie contemporaine recourt parfois. Cette valorisation de l’imagination me permet de prolonger à ma manière, à propos de la philosophie contemporaine ou des problèmes qu’elle aborde, ce qui me semble constituer à la fois un aspect essentiel du scepticisme de Hume et le cœur de sa compréhension des mécanismes humains, du mental au social.

Relève de ce nouveau programme une série d’articles et de conférences portant sur la conception cognitive de la compassion chez Nussbaum (en lien avec le rôle de l’imagination et de l’empathie dans la production de la pitié), le rôle de l’imagination dans l’interprétation du langage (à partir d’une discussion de Davidson), le lien entre l’imagination morale, les émotions et la littérature, la pertinence morale de la littérature (Dickens, Anthony Trollope). 

Je poursuis par ailleurs des travaux relevant de l’histoire de la philosophie moderne liés à un domaine d’expertise plus ancien en philosophie anglaise classique ; je prépare actuellement deux contributions en anglais dans ce domaine, à paraître chez Oxford University Press et Routledge.