Clara Kalogerakis

Doctorante - Histoire médiévale (Fin du Moyen Âge- Première modernité)
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  • Domaines de recherche

    Histoire des Femmes, Queenship, Histoire européenne, Histoire d'Espagne, Histoire des anciens Pays-Bas, Etudes de genre, Histoire culturelle

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Clara Kalogerakis

Doctorante - Histoire médiévale (Fin du Moyen Âge- Première modernité)

Axes de recherche

Pour ma thèse, il convenait de s’intéresser autant aux échanges que permettent ces mariages inter-dynastiques qu’à leurs limites. Politique, religion, diplomatie et culture : les mariages inter-dynastiques cristallisent les enjeux de toutes les dimensions de la vie sociale lorsqu’elle se joue dans les couloirs du pouvoir, d’un hôtel princier à l’autre. Au cœur de cette histoire politique déclinée à l’échelle européenne, les infantes espagnoles sont marquées par de sombres réputations. Au-delà de simples qualificatifs destinés à discréditer une action politique, il faut sans aucun doute interroger des attitudes, des habitudes, saisies en contexte et débarrassées des interprétations héritées des écrits romantiques du XIXème siècle, bien trop souvent à l’origine de ces légendes noires, pour reconsidérer des infantes confrontées à d’autres habitus culturels au gré de la diplomatie européenne dont elles étaient des « trésors animés » à négocier.

Ainsi ma thèse analysera les différents mondes en mutation à la charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance à travers ces biographies féminines sous l'égide d'une méthode provenant de l'histoire de genre et de l'histoire des représentations afin de donner une voix plus juste aux trajectoires de ces princesse.

La relecture que je souhaite proposer possède de nouvelles pistes pour comprendre comment, de manière différée, la culture ibérique se confronte aux renaissances européennes, pour in fine renforcer ses propres particularismes. Ces mariages difficiles et ces intégrations relatives dans des cours étrangères ne révèleraient-ils pas les limites de l’assimilation de la puissance espagnole dans les autres royaumes européens ? Ce sera l’un des objets de la thèse que de reconsidérer cette question qui pourrait être essentielle pour comprendre le rôle de l’Espagne dans les guerres de la première modernité, et notamment ses choix religieux. A travers des personnages historiques, en déplacement et au féminin, s’expose le décalage culturel d’un monde, certes, connecté, mais dont la résistance des particularismes fait la richesse. La renaissance espagnole récemment basculée dans une histoire globale, où la rencontre est vertueuse pour les économies de marché, aurait tout à gagner à être analysée à travers un point de vue incarné de l’histoire, en l’occurrence ici, le destin commun et tragique de ces princesses trompées, répudiées, mal intégrées ou taxées de folie, dont la mise en série permet de sortir du conjoncturel pour évoquer une éventuelle explication structurelle de cette ‘marginalisation’.

Soutenue par des réflexions sur l’imaginaire politique entre Bourgogne et Pays-Bas [Cauchies 2003, Dumont, 2016], et sur le déploiement des cours habsbourgeoises à travers l’Europe [Vermeir & Hortal Muñoz 2014], la réflexion sur la diplomatie internationale emprunte là aussi des chemins bien balisés.  J'ai remarqué que, néanmoins, si des biographies particulières ont déjà éclairé certaines protagonistes de l’histoire que je souhaite écrire, en focalisant l’attention sur un aspect particulier de leur règne comme la folie de Jeanne de Castille [Aram, 2001] ou la solitude de Catherine d’Aragon [Elston, 2009], aucune étude n’a réellement croisé cette histoire culturelle et genrée avec une histoire diplomatique, connectant les réseaux de pouvoir du XVe au XVIe siècle.

 

A travers l'analyse des reines, princesses et autres femmes de pouvoir, lors de la charnière entre le Moyen Âge et le Renaissance, il est possible d'observer les mutations des représentations du pouvoir entre ces deux périodes, selon certaines aires géographiques. La méthode comparative des formes du pouvoir selon les monarchies européennes met en avant l'introduction relative, selon les espaces, des nouveaux codes du prince renaissant. L'analyse des transfert de princesses et leurs intégrations plus ou moins réussies dégage, en plus des causes culturelles, les causes temporelle. Les mondes modernes qui connaitront les monarchies du XVème et XVIème siècles sont possibles par les changements qu'elles ont dû intégrer en réponse à l'arrivée des princesses espagnoles. Elle représente un pouvoir en pleine mutation avec les découvertes du nouveau monde, ses rapports à l'Italie, ses rapports à une monarchie catholique et féminine. 

A l'heure de l'étude des échanges entre les monarchies européennes, on croise leur entrée respective dans un nouveau modèle du pouvoir, concentré autour de la personne du prince et de son corps. L’État mosaïque de Charles Quint n'est pas la généralisation du modèle bourguignon en Europe, mais l'héritage d'un modèle bourguignon déjà affecté par ses échanges avec l'Espagne.

Au moment de vouloir retracer les imaginaires des princesses médiévales se déplaçant en Europe pour leur mariage, dans un monde qui est lui-même en pleine mutation, il convenait d'analyser leur littérature. Cette dernière est révélatrice de leurs rêves, perceptions et idéaux. Reconstituer des bibliothèques afin de les comparer a également permis de retracer un cheminement des idées du XV-XVIème siècle. Cette opération a nécessité une connaissance des arts des manuscrits: enluminures castillanes, flamandes et italiennes. Mais également la circulation des textes (manuscrits comme incunables) et de leurs différentes éditions, afin d'observer la diffusion des écrits de ces siècles et du lot d'innovations qu'ils apportent aux sociétés, notamment de cour.

Activités de recherche

Projet MUNARQAS:

 MUNARQAS: Mujeres de las Monarquías Ibéricas │ MUNARQAS es un proyecto de investigación coordinado por las Universidades de Castilla-La Mancha y Santiago de Compostela dedicado al conocimiento de las reinas e infantas de los reinos de la Península Ibérica entre los siglos XIII y XV. En esta página podrás conocer sus avances, actividades y publicaciones.

MUNARQAS es el acrónimo del proyecto estatal de investigación Las mujeres de las Monarquías Ibéricas: Paradigmas institucionales, agencias políticas y modelos culturales (siglos XIII-XV). Se trata de una temática de estudio de enorme potencial que busca adentrarse en el papel jugado por los miembros de la parentela regia femenina de los reinos cristianos de la Península Ibérica en los siglos finales de la Edad Media. En aras de emprender una perspectiva comparativa, más de una veintena de especialistas se articulan en dos equipos para apreciar las similitudes entre las monarquías peninsulares y sus especificidades. La gran variedad de fuentes y perspectivas se desplazarán desde el significado del papel institucional de reinas e infantas a la construcción de la memoria, de la mano del subproyecto “Reinas e infantas de las monarquías ibéricas: espacios religiosos, modelos de representación y escrituras, ca. 1252-1504”, a la capacidad relacional desarrollada por estas mujeres, mediante el subproyecto “Espacios femeninos cortesanos: ámbitos curiales, relaciones territoriales y prácticas políticas en los reinos de la Península Ibérica ca. 1252-1504”.