Christian Hauer

professeur des universités - Musicologie
CNU : SECTION 18 - ARTS : PLASTIQUES, DU SPECTACLE, MUSIQUE, MUSICOLOGIE, ESTHETIQUE, SCIENCES DE L'ART
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Christian Hauer

professeur des universités - Musicologie

Enseignements

Séminaires de master 2020-2021

L'intersubjectivité comme intercorporéité :

une condition nécessaire de toute expérience artistique partagée

Séminaire de laboratoire Master 2

 

L’objectif de ce séminaire est d’explorer une condition nécessaire à l’émergence de la signification dans l’expérience artistique partagée, c’est-à-dire dans la rencontre entre un récepteur et une œuvre d’art (quelle qu’elle soit) : l’intersubjectivité, considérée comme intercorporéité.

Cette relation intersubjective s’inscrit dans un « procéder ensemble » au sein duquel se succèdent différents « moments », qui peuvent mener à un « moment de rencontre » et, parfois, au « quelque chose de plus de l’interprétation » (Stern) : ce qui est dit ici à propos d’une psychothérapie peut être appliqué à l’expérience artistique partagée. Toutefois, un tel « procéder ensemble » n’est possible qu’en tant qu’il relève d’une relation entre « soi corporels » (Gallese), fondée sur le phénomène de la simulation incarnée, qui s’appuie sur des fonctionnements neuronaux communs (cf. le mécanisme miroir). Enfin, « l’accordage affectif », ne peut se réaliser que sur la base d’une telle intercorporéité : si Stern l’a étudié à partir de la relation entre la mère et l’enfant, qui consiste en une « concordance d’états émotionnels internes » fondée sur des « formes de vitalité » relevant de modalités différentes et non-verbales, il est aussi à l’œuvre dans l’expérience artistique partagée par l’intermédiaire du geste, y compris entre artistes se produisant ensemble.

Cette approche de l’expérience artistique partagée comme intercorporéité est appliquée à tous les arts, d’une part en l’adaptant aux spécificités de chacun (par exemple, selon que l’artiste est physiquement présent ou pas), d’autre part en la nourrissant de nombreux exemples (peinture, photographie, images mobiles, théâtre, danse, musique, …).

Éléments de bibliographie :

·       GALLESE, Vittorio & CUCCIO, Valentina, « The Paradigmatic Body. Embodied Simulation, Intersubjectivity, the Bodily Self, and Language », in Open MIND, Metzinger T. & Windt, J. M.  (dir.), 14 (T), Frankfurt am Main, MIND Group, 2015. Doi : 10.15502/9783958570269.]

·       HAUER, Christian, « La fonction du geste dans l’expérience artistique partagée : l’intersubjectivité comme intercorporéité », in Véronique Alexandre Journeau (éd.), Penser l’art du geste en résonance entre les arts et les cultures, Paris, L’Harmattan, 2017, p. 17-35.

·       ONNIS, Luigi (dir.), Psychothérapies et neurosciences : une nouvelle alliance. De l’intersubjectivité aux neurones miroirs. Dialogue entre Daniel Stern et Vittorio Gallese, Paris, Éditions Fabert, 2015.

·       PIGNOCCHI, Alessandro, Pourquoi aime-t-on un film ? Quand les sciences cognitives discutent des goûts et des couleurs, Paris, Odile Jacob, 2015.

·       ___, L’œuvre d’art et ses intentions, préface de Jean-Marie Schaeffer, Paris, Odile Jacob, 2012.

·       RIZZOLATTI, Giacomo & SINIGAGLIA, Corrado, Les neurones miroirs [2006], traduction de l’italien par Marilène Raiola, Paris, Odile Jacob, 2011.

·       STERN, Daniel N., Les formes de vitalité. Psychologie, arts, psychothérapie et développement de l’enfant [2010], traduction française, Paris, Odile Jacob, 2010.

·       ___, Le monde interpersonnel du nourrisson. Une perspective psychanalytique et développementale [1985], traduit de l’américain par Alain Lazartigues et Dominique Pérard, Paris, Presses Universitaires de France, 1989.

 

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Traduction critique d'un texte de référence (1)

Séminaire master musique (semestres 1 & 3)

Dans le domaine des sciences cognitives musicales (de la psychologie aux neurosciences), il existe relativement peu de publications en langue française, la plupart étant en langue anglaise.

Ce qui pose un double problème. Tout d’abord celui de l’absence en langue française d’une quantité considérable de travaux majeurs et qui font référence dans le domaine considéré. D’où l’autre problème : l’impossibilité, souvent, dans le cas d’une traduction, de disposer d’une terminologie scientifique adéquate, sans compter que des concepts et des termes peuvent n’avoir aucun équivalent en français, pour la raison que la problématique traitée dans tel écrit en langue anglaise n’a que rarement – voire jamais – été traitée dans des écrits en langue française.

Ce séminaire s’organisera donc autour de la traduction critique d’un texte de référence paru en langue anglaise : cette traduction sera l’œuvre des étudiants, réalisée en salle informatique sur un document partagé, et publiée dans Déméter, la revue électronique du Centre d’Étude des Arts Contemporains (CEAC).

Traduction critique d'un texte de référence (2)

Séminaire master musique (semestres 2 & 4)

 

Ce séminaire poursuivra le travail entamé au 1er semestre.

 

 

 

Cours de licence 2020-2021

De la perception à la réception à la musique

Licence 2 - Semestre 2

 

La perception et la réception constituent, respectivement, le point de départ et le point d’aboutissement du processus de la signification musicale.

(1) La perception est un processus physiologique et, principalement, cognitif (c’est-à-dire mental) : nous verrons quelles sont les différentes phases de ce processus, du moment où les ondes sonores pénètrent dans l’oreille jusqu’au moment où, après qu’elles ont été transformées en impulsions nerveuses et que celles-ci ont été traitées par le cerveau, nous entendons ce que nous reconnaissons comme étant de la musique.

(2)  La réception d’une œuvre musicale concerne la manière dont tel individu (ou tel groupe d’individus, tel public, telle époque, etc.) réagit à la musique, en réponse à certaines attentes en particulier musicales, culturelles et socio-historiques. Dans ce cours, l’étude de la réception est abordée dans le cadre plus général d’une herméneutique de la musique, qui vise à déterminer le pourquoi de la création (au sens de composition) et/ou de la réception d’une œuvre.

Éléments de bibliographie :

·        JAUSS, Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, [textes 1972-75], trad. fr., Gallimard, 1978.

·        LEVITIN, Daniel, De la note au cerveau. L’influence de la musique sur le comportement [2006], traduction de Samuel Sfez, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2010.

·        McADAMS, Stephen, Perception et cognition de la musique, Paris, Vrin, 2015.

·        PINEAU, Marion & TILLMANN, Barbara, Percevoir la musique : une activité cognitive, préface d’Emmanuel Bigand, L’Harmattan, 2001.

·        RICŒUR, Paul, Du Texte à l'Action. Essais d'Herméneutique II, Seuil, 1986.

 

Perception et réception de la musique

Licence 3 - Semestre 1

 

La perception et la réception constituent, respectivement, le point de départ et le point d’aboutissement du processus de la signification musicale.

(1) Après avoir étudié, en 2e année de licence, les mécanismes de la perception musicale et les effets de la musique sur le cerveau (cf. le phénomène de la plasticité cérébrale), nous aborderons quelques questions plus spécifiques concernant la manière dont la musique est perçue. La forme musicale est-elle perçue (ou non) à grande échelle (cf. J. Levinson) ? Comment fonctionne le phénomène de l’attente dans l’expérience musicale et quels sont ses effets (cf. L. Meyer) ?

(2)  La réception d’une œuvre musicale concerne la manière dont tel individu (ou tel groupe d’individus, tel public, telle époque, etc.) réagit à la musique, en réponse à certaines attentes en particulier musicales, culturelles et socio-historiques. Dans ce cours, l’étude de la réception est abordée dans le cadre plus général d’une herméneutique de la musique, qui vise à déterminer le pourquoi de la création (au sens de composition) et/ou de la réception d’une œuvre.

Éléments de bibliographie :

·        BIGAND, Emmanuel (dir.), Le cerveau mélomane, Belin, 2013.

·        JAUSS, Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, [textes 1972-75], trad. fr., Gallimard, 1978.

·        LALITTE, Philippe, « La forme musicale au regard des sciences cognitives », in P. Reynal (dir.), Structure et forme : du créateur au médiateur, Paris, Observatoire Musical Français, 2005, p. 67-82.

·        LEVINSON, Jerrold, La musique sur le vif. La nature de l’expérience musicale [1997], traduction et introduction de S. Darsel, préface d’E. Bigand, Presses Universitaires de Rennes, 2013.

·        MEYER, Leonard B., Émotion et signification en musique [1956], préface de Jean-Jacques Nattiez, traduit de l’anglais par Catherine Delaruelle, Actes Sud, 2011.

·        RICŒUR, Paul, Du Texte à l'Action. Essais d'Herméneutique II, Seuil, 1986.

 

Compréhension de la musique

Licence 3 - Semestre 2

 

Après avoir étudié, lors des deux semestres précédents, les points de départ (la perception) et d’aboutissement (la réception) du processus de la signification musicale, nous examinerons ce qui se passe entre les deux : le moment de la lecture (de l’écoute), de la compréhension. 

Nous insisterons surtout sur deux aspects de cette phase de lecture et de compréhension :

·        comment une œuvre musicale programme son écoute, à l’aide de stratégies particulières, indissociablement musicales et expressives, –­­ ce que l’on peut aussi appeler « l’intention de l’œuvre » ;

·        la phase de l’actualisation par l’auditeur de ces stratégies notamment narratives, ce qui nécessite des compétences particulières, afin de nouer un pacte d’audition avec l’œuvre musicale et d’être en mesure de la comprendre.

Des exemples précis en musique, du XVIIIe au XXe siècle, seront convoqués pour éclairer ces problématiques.

Éléments de bibliographie :

·        BARONI, Raphaël, La tension narrative. Suspense, curiosité et surprise, Éditions du Seuil, 2007.

·        ECO, Umberto, Lector in fabula. Le rôle du lecteur ou la coopération interprétative dans les textes narratifs [1979], trad. fr., Grasset, 1985.

·        GRABÓCZ, Márta, Morphologie des œuvres pour piano de Liszt. Influence du programme sur l'évolution des formes instrumentales, Kimé, 1986.

·        ---, Musique, narrativité, signification, L’Harmattan, 2009.

·        JOUVE, Vincent, La lecture, Hachette, 1993.

·       TARASTI, Eero, La musique et les signes. Précis de sémiotique musicale, [2002], trad. fr., L’Harmattan, 2006.

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