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Résumé de thèse

Introduction :  Environ 17% de la population française était en situation d’obésité en 2020, et le surpoids et l’obésité représentent la quatrième cause de décès en Europe. L’obésité a été reconnue comme une maladie chronique par l’OMS depuis 1998, et a été définie comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse dans les tissus adipeux, pouvant engendrer des problèmes de santé ». Nous savons aujourd’hui que l’obésité a une origine complexe et multifactorielle, s’inscrivant dans un modèle biopsychosocial de la santé. Sur le plan psychologique plus particulièrement, il a été relevé que les personnes en situation d’obésité peuvent présenter des difficultés au niveau intrapersonnel (niveaux plus élevés d’anxiété et de dépression, difficultés à réguler les émotions, alimentation émotionnelle...), et en particulier des comorbidités comme des troubles du comportement alimentaire –et notamment le binge-eating disorder [BED]. De la même manière, les personnes en situation d’obésité présenteraient des difficultés d’ordre interpersonnel (relations sociales perçues de faible qualité, anticipation du rejet, isolement social, stigmatisation...). Ces difficultés intra- et interpersonnelles semblent interagir entre elles.

Ce projet de thèse s’intéresse aux liens entre les aspects intrapersonnels –en particulier la présence d’un BED– et les difficultés interpersonnelles dans le cadre de l’obésité, et interroge le rôle de l’empathie dans cette association. L’empathie est généralement définie comme un concept multidimensionnel, comprenant deux dimensions dites « cognitive » et « affective ». L’intérêt de s’intéresser au rôle de l’empathie est multiple : d’une part, il existe des liens entre de faibles capacités à identifier les expressions émotionnelles d’autrui et les troubles interpersonnelles ; d’autre part, la présence de troubles du comportement alimentaire (non limitée au BED) est associée à des troubles de l’empathie, et notamment à plus de sentiments de malaise, d’anxiété ou de peur face à d’autres personnes traversant des expériences aversives ; enfin, les troubles d’empathie constituent des facteurs de rechute dans les addictions.

Concernant les liens entre empathie et obésité, il a été montré que le poids serait corrélé négativement aux compétences empathiques chez les enfants et adolescents. Notre revue systématique et méta-analyse portant sur les liens entre surpoids et empathie chez les adultes (Maupin et al, en révision) indique également plus de difficultés d'empathie chez les personnes en situation d'obésité par rapport aux personnes normo-pondérées, et met également en évidence le manque d’études sur ce sujet.

 

Objectifs :

  • Examiner de manière multidimensionnelle des liens entre l’obésité et plus spécifiquement les symptômes d’hyperphagie (BED) et les difficultés interpersonnelles.
  • S'intéresser au rôle central des difficultés d’empathie comme facteur renforçateur de l'obésité ou du BED.
  • Examiner les difficultés de régulation des émotions à travers l’alimentation émotionnelle comme autres conséquences des troubles d’empathie et les rôles protecteurs d’une haute compassion pour soi et d’une faible tendance à s’auto-stigmatiser.