Aurélie Mahieux
Publications
Mahieux A., Mejia-Dorantes L. (2017), “Regeneration strategies and transport improvement in a deprived territory. What can we learn from Northern France? ”, Regional Studies, Volume 51, Issue 5, pp. 800-813.
Cet article s’intéresse à un territoire d’étude particulier: le Syndicat Mixte des Transports Artois-Gohelle,
localisé dans le Nord de la France. Il s’agit d’un territoire anciennement minier qui fait face encore
aujourd’hui à différents problèmes sociaux couplés à un système de transport public limité et de
nombreuses politiques de requalification urbaine. Basé sur une analyse qualitative, cet article analyse les
comportements de mobilité, les besoins de la population et leurs attentes concernant différents projets
de requalification. L’analyse se concentre essentiellement sur des groupes de personnes ayant des
difficultés pour se déplacer ainsi que des personnes présentant un risque d’exclusion sociale. Ce travail
discute les disparités spatiales mais aussi les disparités d’accès aux différents modes de transport ainsi
que les manières de mieux prendre en compte ces disparités pour aboutir à des politiques de
requalification urbaine efficaces.
Drut M., Mahieux A. (2017), “Correcting agglomeration economies: how air pollution matters”, Papers in Regional Science, Volume 96, Issue 2, June 2017, pp. 381-400.
Ce papier propose une correction des estimations standard des économies d’agglomération. Il examine
l’impact des oxydes d’azote (NOX), polluants principalement émis par les transports, sur la productivité
des travailleurs. La littérature économique sur les économies d’agglomération met en évidence le rôle
positif de la densité d’emploi sur la productivité. Néanmoins, elle ne prend pas en compte les impacts
environnementaux générés par une meilleure accessibilité. Les estimations portent sur les 304 zones
d’emploi françaises. Nos estimations sont en accord avec la modélisation classique des économies
d’agglomération. L’introduction des émissions d’oxyde d’azote dans le modèle révèle que les émissions
de polluants réduisent des gains d’agglomération attendus de plus de 13%. Ceci confirme donc que la
pollution de l’air a un impact sur l’estimation des économies d’agglomération.
Hammadou H. and Mahieux A. (2014), “Transportation demand management in a deprived territory: a case study in the North of France”, Transportation Research Procedia, 4, pp. 300-311.
Dans cet article, nous étudions le choix modal dans un ancien territoire minier du Nord de la France : le
Syndicat Mixte des Transports Artois-Gohelle. Il s’agit encore aujourd’hui d’un territoire défavorisé
qui fait face à de nombreuses politiques de requalification principalement orientées vers des projets
urbains, comme par exemple une nouvelle infrastructure de transport public. Ce territoire présente
également des caractéristiques socio-économiques et d’occupation du sol particulières ainsi qu’une
dépendance à la voiture personnelle, principalement héritées de son passé minier. Seulement 3% des
déplacements quotidiens sont réalisés en transport public, contre 10% à l’échelle nationale. De façon
plus surprenante, cette faible part du transport public ne varie pas selon que l’individu habite une
commune urbaine ou rurale. Est-il possible dans ce territoire particulier, d’orienter la demande de
transport vers une mobilité plus durable ? Si oui, quelle stratégie faut-il mettre en oeuvre ? Pour
répondre à ces deux questions centrales, nous estimons un modèle de choix modal qui prend en
compte quatre modes de transport : voiture conducteur, voiture passager, transport public et marche à
pied. Nous calculons ensuite les élasticités prix et temps de la demande de transport pour les différents
modes concernés. Enfin, nous simulons l’impact de différentes politiques de transport pour quantifier
les reports modaux des individus vers des modes de transport plus durables. Nos résultats montrent
qu’il existe une forte inertie en ce qui concerne l’usage de la voiture quelle que soit la politique testée.
Seules des politiques de mobilité extrêmes permettent d’augmenter significativement la part du
transport public. Sur ce territoire, les instruments économiques conventionnels ne sont pas suffisants
pour orienter les comportements de mobilité vers plus de durabilité. D’autres solutions de mobilité
sont à envisager.