Ma thèse

La radiodiffusion pour l'Afrique française sub-saharienne au temps des décolonisations (1944-1969)

Direction de la thèse

Isabelle Surun : professeur en Histoire contemporaine à l'Université de Lille SHS.

Résumé

En 1945, la radiodiffusion est très faiblement implantée dans les territoires français d'Afrique sub-saharienne (AOF, AEF) et à Madagascar. Or, cette faiblesse devient de moins en moins justifiable alors que l'empire français, devenu Union française, tente de promouvoir une inclusion et des progrès plus importants outre-mer. Il faut cependant attendre le milieu des années 1950 pour que, sous l'impulsion du ministère de la France d'outre-mer et de Pierre Schaeffer, un véritable réseau de radiodiffusion soit mis en œuvre rapidement confié à la Société de Radiodiffusion de la France d'Outre-mer (SORAFOM). Il cherche, dès le départ, à toucher "grande masse" des auditeurs, par l'africanisation des programmes, le recueil des musiques et traditions orales africaines et la formation d'un personnel africain au Studio-Ecole de Maisons-Laffitte.

Néanmoins, ce réseau, hiérarchisé et centralisé, qui constitue une institution impériale, a été conçu dans l'idée du maintien de la souveraineté française outre-mer. Il se retrouve ainsi rapidement en décalage avec l'évolution politique rapide des territoires après le vote de la loi-cadre en 1956 et encore plus avec l'instauration de la Communauté en 1958 qui transforme les territoires en Etats membres et les rend théoriquement libres de gérer leurs radios comme bon leur semble. Ainsi, l'existence de la SORAFOM et de son réseau sont menacés au moment même où ils commençaient à exister. Mais, les besoins des jeunes Etats africains ainsi que le désir de la France de conserver coute que coute une influence prépondérante dans le domaine radiophonique entrainent la transformation de ce réseau radiophonique impérial en un système d'assistance plus souple qui s'inscrit dans les politiques de coopération. En 1962, la SORAFOM devient Office de Coopération radiophonique (OCORA) et accompagne la montée en puissance des nouvelles stations nationales. Loin de reculer avec les indépendances, les efforts financiers de la France en matière de radiodiffusion atteignent leur paroxysme au cours des années 1960 au travers de la construction de maisons de la radio, de la poursuite de la formation d'un personnel spécialisé, de la fourniture de programmes enregistrés. L'OCORA permet ainsi la survie du réseau impérial tissé par la SORAFOM.

Cependant, le succès de l'OCORA dans la politique de maintien de liens privilégiés avec les pays du "pré-carré", ne la mettait pas à l'abri. Constituée dès le départ en dehors de la RTF/ORTF, son existence constituait une entorse au monopole et rendait sa survie fragile à mesure que les indépendances s'éloignaient. L'OCORA fut rattachée à l'ORTF en 1969 suite à la crise de mai 1968 et à l'influence grandissante des partisans d'une politique de normalisation des relations avec les anciennes colonies africaines. La SORAFOM/OCORA a cependant profondément marqué l'histoire des radios-télévisions de l'Afrique francophone jusqu'au début des années 1990, date à laquelle le personnel français et africain formé au Studio-Ecole, qui avait conservé des liens étroits, a atteint l'âge de la retraite. Elle est un des facteurs de l'implantation forte de Radio France International (RFI) dans le continent.

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