Urbaniste, je m'intéresse à une question simple : comment rendre nos villes moins dépendantes des ressources qu'elles consomment — et quelles sociétés y vivent ?

Professeur des universités en urbanisme et aménagement à l'Université de Lille depuis 2014, rattaché au laboratoire TVES (ULR 4477), j'étudie les transformations des villes et des territoires au croisement des politiques d'urbanisme, des dynamiques sociales et des transitions écologiques. Mon parcours part des grandes dynamiques urbaines — métropolisation, périurbanisation, instruments du projet urbain — et une constante le traverse : la question sociale de la ville, qui irrigue l'ensemble de mes travaux.

Comprendre ce que la ville consomme. Depuis 2020, j'analyse le métabolisme territorial : les flux de matières et d'énergie qui alimentent les sociétés urbaines, les stocks qu'elles constituent et les interdépendances territoriales qui en résultent. Ces travaux, menés notamment avec Sabine Barles, ont donné lieu à l'ouvrage Métabolisme et métropole. La métropole lilloise, entre mondialisation et interterritorialité (Autrement, 2021) et se poursuivent dans le cadre de projets de recherche avec l'IMT Douais (Emmanuel Lemelin) et Mines Paris (Emmanuel Garbolino) 

Construire la ville régénérative. Aujourd'hui, mes recherches portent sur la transformation de la ville existante pour réduire les prélèvements de ressources, développer leur circularité et restaurer les fonctionnalités écologiques des milieux urbains. Elles s'organisent autour de trois objets : les sols urbains (désartificialisation, régénération), les bâtiments (transformation, réemploi de leurs composants) et les flux et stocks de matières de la fabrique urbaine. J'y explore également l'urbanisme transitoire : l'occupation temporaire et le réemploi des espaces et des bâtiments comme levier de transformation — un objet que j'encadre dans la thèse CIFRE de Vassili Duverly, menée avec la Métropole Européenne de Lille. Concrètement, mes travaux vont de la quantification des ressources jusqu'aux outils d'aide à la décision, à l'émergence de filières circulaires et à l'évaluation des effets écologiques, économiques et sociaux des projets.

Une question sociale qui traverse les transitions. Les transitions urbaines ne se jouent pas seulement sur les ressources : elles concernent les habitants. Dans le cadre de POPSU Transitions avec la MEL et d'un Programme d'Investissements d'Avenir (PIA), j'ai travaillé sur les jeunesses et la question sociale dans la métropole lilloise — inégalités d'accès à la ville, à l'emploi et aux ressources urbaines. Cette dimension est indissociable de mon approche : une transition écologique qui ignore les inégalités n'est ni desirable ni soutenable.

Une recherche ancrée dans le terrain. Ces travaux se développent dans des projets financés par l'ANR, le ministère chargé de la Transition écologique, les collectivités territoriales et l'ANR, en coopération interdisciplinaire avec les sciences de l'environnement et l'ingénierie. Parmi les programmes récents : IMPACTERR (ANR), sur les impacts et conditions de mise en œuvre de la régénération urbaine et des sols, et POPSU Transitions, recherche-action menée avec la MEL. Mon objectif : articuler production de connaissances, expérimentation territoriale et transformation des politiques publiques.

Responsabilités et engagement collectif. Membre du Conseil scientifique du PEPR Ville durable et Bâtiments innovants, codirecteur de la chaire MetroForum (transitions métropolitaines, Université de Lille) et vice-doyen Recherche, Partenariats et Communication à la FaSEST, je contribue par ailleurs à la formation des professionnels de l'urbanisme : vice-président de l'APERAU International, je suis responsable du parcours CoMUA du master Urbanisme et Aménagement qui forme aux aternatives à l'urbanisme classique. 

Dernières actualités

Parution (2021) :

Alors que le contexte actuel montre une raréfaction des ressources, une dégradation des milieux de vie et un dérèglement climatique, les métropoles mobilisent des ressources abondantes, d’origines proches ou lointaines, flux physiques de matières et d’énergie qui donnent à voir le métabolisme métropolitain.

Leur analyse, en s’appuyant sur l’exemple de la Métropole européenne de Lille, conduit à révéler les interdépendances systémiques des métropoles, traversant les échelles et les périmètres institutionnels, entre voisinages et mondialisation. Elle questionne la capacité des politiques publiques interterritoriales à agir sur ce métabolisme.

Publication réalisée avec Sabine Barles, dans le cadre du programme de recherche POPSU Métropoles (PUCA)

Lien vers le détail de l'ouvrage