Dans mes recherches, je m’intéresse aux mécanismes de compréhension du langage (au niveau de la phrase et du discours) chez les locuteurs natifs d’une langue première (L1) ainsi que chez les apprenants d’une langue seconde (L2). En particulier, je cherche à savoir comment les différentes informations linguistiques sont utilisées lors du traitement du langage et si ces stratégies de traitement sont universelles ou plutôt spécifiques à une langue donnée. Dans ce contexte, la plupart de mes recherches a été dédiée à l’étude de marques de cohésion discursive, telles que les pronoms, de façon comparative en anglais, espagnol et français.

Les pronoms sont une source d’ambigüité très importante dans la langue qui nous permet d’étudier les facteurs linguistiques et cognitifs qui jouent un rôle dans leur résolution (et dans la compréhension du langage en général). Dans ce cadre, je m’intéresse au rôle de certains facteurs syntaxiques, sémantiques, pragmatiques, et de la structure informationnelle dans l’interprétation de pronoms en anglais, espagnol et français comme L1 et L2. Pour ce faire, j’utilise des méthodes dites online et offline courantes dans les domaines de la linguistique expérimentale et de la psycholinguistique (telles que l’enregistrement des mouvements oculaires).

Je collabore également avec des chercheurs en France, Allemagne, et au Portugal sur des projets qui s’intéressent à l’étude de la résolution de pronoms en allemand (PROCOPE 2014-2015 ; chercheurs principales : S. Colonna & S. Schimke) et en portugais européen et brésilien.

Dans l’étude de la compréhension du discours je m’intéresse aussi à la question du niveau d’analyse approprié pour la segmentation discursive et les critères pertinents pour identifier les unités discursives minimales.

Lors de mon séjour a l’Université de l’Illinois, j’ai participé au projet de recherche Bilingual Past (chercheur principale : S. Montrul) qui avait pour but d’analyser le rôle de l’expérience linguistique dans la maîtrise de certains aspects problématiques de la morphosyntaxe de l’espagnol, tels que le marquage de l’accord en genre et en nombre et le marquage différentiel de l’objet, dans deux populations bilingues anglais-espagnol distinctes, à savoir les bilingues tardifs (L2 learners), qui acquièrent la L2 autour de la puberté dans un cadre institutionnel à travers un input visuel et oral; et les bilingues précoces (heritage speakers), qui sont exposés à la langue depuis la petite enfance à la maison à travers un input exclusivement oral.