Christian Ben Lakhdar

professeur des universités - Sciences économiques. Economie de la santé
CNU : SECTION 05 - SCIENCES ECONOMIQUES
FSJPS, 1 place Déliot, bureau B311
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Christian Ben Lakhdar

professeur des universités - Sciences économiques. Economie de la santé

Axes de recherche

Economie de la drogue et des conduites addictives

Mes travaux de recherche s’inscrivent dans les problématiques de santé publique en général et d’économie des drogues et des conduites addictives en particulier. Afin de présenter clairement ma thématique de recherche, il me faut m’appuyer sur un cadre solide d’analyse des politiques de gestion des drogues licites et illicites. Celui-ci est fournit par la politique en vigueur en Suisse actuellement, dite politique des quatre piliers, à savoir : prévention, prise en charge médico-sociale, réduction des risque et répression.

 

Le premier pilier est celui de la prévention de l’usage de substances psychoactives. L’économiste contribue à la prévention, la promotion et l’éducation à la santé à travers le calcul des coûts attribuables aux pathologies, aux traitements et aux pertes de productivité, et via l’estimation des coûts et des bénéfices de certaines interventions de prévention. Mes travaux s’inscrivent pleinement dans cette approche. Toutefois, le rôle de l’économiste de la prévention va bien au-delà de ces seuls aspects comptables. Ainsi, certains travaux de recherche que j’ai pu conduire visent à identifier certains facteurs de risque pour la santé et peuvent ainsi aider à mieux calibrer les politiques préventives mises en place. Il s’agit ici de comprendre au mieux la conduite addictive afin de soit empêcher son apparition, soit de minimiser les « internalités » et les externalités négatives qui lui seraient attribuables, et finalement d’inciter à l’abandon dudit comportement. Les questions de préférence pour le risque et d’incohérence temporelle prennent ici toute leur importance.

 

Le deuxième pilier est celui de la thérapie et de la réinsertion, autrement dit celui de la prise en charge médico-sociale. Il convient ici de comprendre dans quelle mesure les toxicomanies peuvent être médicalisées et d’évaluer économiquement les modes de prise en charge dédiés. Mes travaux se sont inscrits non seulement dans l’évaluation médico-économique des actions de prise en charge médico-psycho-sociale de toxicomanes mais aussi dans celle des traitements de substitution aux opiacés ou du traitement du Virus de l’Hépatite C (VHC).

 

La réduction des risques et l’aide à la survie est le nom du troisième pilier. En tant qu’économiste, je soutiens que la politique de réduction des risques (ou des dommages selon la terminologie anglo-saxonne) est une politique de minimisation des coûts générés par les internalités et les externalités négatives issues de la consommation de substances psychoactives. En cherchant par exemple à limiter la propagation des maladies infectieuses due aux partages des seringues, les programmes d’échanges de seringues vont limiter les infections des usagers de drogues, diminuer en conséquence la morbi-mortalité associée et contenir le réservoir de maladies infectieuses potentiellement disséminées en population générale. Encore une fois, mes travaux de recherche ont pour but de comprendre le comportement toxicomaniaque et d’évaluer économiquement les modes de prise en charge dédiés.

 

Le quatrième pilier est celui de la répression de l’usage et du trafic de substances psychoactives illicites. Comme le souligne l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies, le versant offre du marché des drogues est le moins étudié puisque certainement le plus pauvre en termes de données empiriques. Les travaux que j’ai pu réalisés dans ce domaine, que ceux-ci portent sur le cannabis ou sur la cocaïne, sur les gains générés par les trafics ou sur la structure du marché du travail illégal ou encore sur la qualité des produits, m’amènent à discuter des conséquences des régimes prohibitionnistes et à réfléchir à d’autres modes de régulation des marchés des drogues.